Le sanctuaire Notre-Dame de Valcluse à Auribeau-sur-Siagne est en fête ce jeudi 16 juillet 2020.

Fête jeudi 16 Juillet pour les 70 ans du couronnement de Notre-Dame de Valcluse
Conférence de père Emmanuel-Marie sur l’historique de ce couronnement et son sens à 16h30
Mgr André Marceau, évêque de Nice, présidera la messe à 18h
Procession
Repas partagé

Le 16 juillet 1950, à Grasse, en présence d’un clergé nombreux et d’une foule enthousiaste, la statue de Notre-Dame de Valcluse fut solennellement couronnée, par son Éminence le Cardinal Clément Roques, archevêque de Rennes, ancien archevêque d’Aix-en-Provence, et par Mgr Paul Rémond, évêque de Nice. Étaient aussi présents Mgr Gabriel de Liobet, archevêque d’Avignon, Mgr Cosme Jorcin, évêque de Digne, Mgr Auguste Gaudel, évêque de Fréjus, et Dom Marie-Bernard, abbé de Lérins. Tout ce beau monde en dit suffisamment sur l’ampleur de l’événement !

Chanoine Villebenoît

Le chanoine Villebenoît, curé de Grasse (1944-1959) et grand bienfaiteur du sanctuaire Notre-Dame de Valcluse, en fut l’initiateur zélé. Il avait promis aux fidèles de la région grassoise, dès la fin de la guerre, de remercier Notre-Dame de Valcluse, gardienne de la cité, de sa protection évidente.
Rappelons que le chanoine Villebenoît avait acheté en 1944 l’ancien ermitage et le moulin, ainsi que quelques terrains, pour céder l’ensemble l’année suivante au diocèse de Nice. Il engagea des travaux importants pour favoriser l’accueil de groupes et de pèlerins individuels, donnant au site sa configuration actuelle.

L’anniversaire du tricentenaire de la pose de la première pierre de la nouvelle chapelle, que nous connaissons aujourd’hui, fut l’occasion d’organiser quatre journées d’action de grâce avec procession aux flambeaux dans la ville de Grasse qui s’achevèrent à Valcluse avec la cérémonie du couronnement le dimanche 16 juillet.
Douze cents grammes de débris d’or et d’argent de vieux bijoux, rassemblés par des familles grassoises, ont permis la confection d’une couronne, ciselée par l’artiste Fernand Py avec des motifs inspirés du terroir : la rose, l’olivier, et le jasmin. Le bandeau orné des armoiries du Cardinal Roques, de Mgr Rémond, de la ville de Grasse, et de celles de l’abbaye de Lérins. Un manteau de velours bleu et un voile ont été confectionnés par une maison de haute couture, la maison Gisèle, et offerte par une famille. Un concours du plus beau cantique à Notre-Dame fut lancé en vue de ces festivités. Concours remporté par le curé de Tourrettes-sur-Loup, le doyen Chabaud.

« La Vierge Marie avait-elle besoin d’être couronnée ? » se demanderont certains.
Rappelons qu’en syriaque, langue sémitique dérivée de l’araméen, que parlaient Jésus et Marie, Marie signifie souveraine (saint Jérôme) ; en hébreu Myriam est traduit en latin par domina qui signifie souveraine… « l’ange l’appelle souveraine, dit saint Pierre Chrysologue, parce qu’elle cesse de trembler comme une servante, elle, à qui l’autorité même de son Fils, a obtenu de naître et d’être appelée souveraine ». En outre, dans l’iconographie orientale, dès le Ve siècle, et surtout après le Concile d’Ephèse, on commence à représenter la Vierge Marie comme une souveraine, assise sur un trône, portant l’Enfant Jésus. En occident, il n’est pas rare de voir dans les églises anciennes, spécialement au Moyen-âge, des peintures ou sculptures de la Vierge en majesté, ou du couronnement de la Vierge par son Fils, par le Père ou par la Sainte Trinité. Le Concile Vatican II n’ignore évidemment pas cette tradition toujours vivante, comme nous pouvons le lire au n°59 de Lumen Gentium : « la Vierge immaculée, ayant achevé le cours de sa vie terrestre, a été élevée, avec son corps et son âme, à la gloire du ciel, et exaltée par le Seigneur comme reine de l’univers, pour être plus pleinement conformée à son Fils, le Seigneur des seigneurs, le vainqueur du péché et de la mort ».
Il convient de ne pas comparer la royauté de Jésus comme de Marie à nos monarchies temporelles. De même que le Royaume du Christ n’est pas de ce monde, de même le pouvoir royal de la Vierge Marie, n’est pas de l’ordre de la nature mais de la grâce ; elle doit se comprendre comme un service, une pleine disponibilité, une toute puissance d’intercession pour l’œuvre du salut accomplie par son Fils. Sa Royauté représente la gloire à venir de l’Église, car ce qui a été réalisé en elle, se réalisera dans tous les membres du Corps mystique dont elle fait partie de manière éminente.

Célébrer cet anniversaire a du sens, à l’heure où l’inquiétude bat son plein ; elle a du sens en cette année de l’Esprit Saint dans notre diocèse. Car nous savons bien que le Saint-Esprit et son Épouse agissent conjointement depuis l’incarnation de Notre Seigneur.

C’est pour nous l’occasion de la remercier de cette année consacrée au Saint-Esprit, pour tous les fruits qui en surgiront, grâce à son intercession toute puissante, elle qui est et qui restera la gardienne de notre cité contre tous les fléaux et calamités qui sévissent aujourd’hui.

Notre-Dame de Valcluse, triomphez et régnez,
Notre-Dame de Valcluse, soyez notre refuge !

Père Emmanuel-Marie
Recteur du sanctuaire Notre-Dame de Valcluse

Sanctuaire Notre-Dame de Valcluse

1014, route de Grasse
06810 Auribeau-sur-Siagne
Tél. 04 93 42 20 28
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