Depuis la rentrée 2018, Stan’Éco bouscule les consciences et les habitudes au sein de l’établissement cannois : ce collectif a été créé pour fédérer les projets en matière d’écologie et de développement durable. Une première décision a été le recrutement d’un volontaire en service civique, Natacha Singery, pour coordonner ces actions. Depuis la fin de son volontariat, elle continue sa mission en tant qu’étudiante en BTS «Développement et animation des territoires ruraux», deux années de formation en alternance: un mois à Oloron Sainte-Marie dans les Pyrénées-Atlantiques, un mois à Cannes. Pour Natacha, 22 ans, l’année qui commence sera sa dernière à Stanislas. Rencontre.

En 2018, pourquoi avez-vous répondu à la recherche d’un volontaire en service civique?

Je suis arrivée à Stanislas Cannes avec seulement un bac L en poche, car j’avais abandonné une formation qui ne me correspondait pas. Pendant deux ans, j’avais été en fac de philosophie, une matière que j’apprécie encore maintenant. Je n’avais pas la motivation de reprendre les études, je voulais travailler. Surtout, je me suis orientée vers l’écologie en terminale et durant mes années fac. Je me suis rendu compte que c’était dans ce domaine qu’il y avait des choses à faire, qu’on pouvait les faire, qu’il fallait juste des gens motivés.

De quelle manière avez-vous pris ce virage vers l’écologie?

À travers des échanges. En terminale, j’ai beaucoup partagé avec une très bonne amie. Elle m’a fait découvrir ce qui était faisable. Car, jusqu’à la terminale, on ne parlait de l’écologie qu’en mode négatif: «c’est notre faute», «on ne peut rien y faire», «on détruit la planète». Grâce à elle, j’ai découvert le documentaire Demain (film de Cyril Dion et Mélanie Laurent, ndlr). J’ai pris conscience que beaucoup de choses étaient possibles, ce qu’a confirmé mon service civique à Stanislas.

Recherchiez-vous précisément un service civique en lien avec l’écologie?

En fait, l’établissement avait déposé deux offres, l’une pour aider des enfants en difficulté scolaire, l’autre pour l’écologie. J’ai postulé aux deux, car aider les gens est pour moi quelque chose de très important, que ce soit via l’écologie ou via un accompagnement social. Le premier entretien que j’ai eu a été sur l’écologie. C’était le poste qui me plaisait le plus. Ils m’ont rappelé une demi-heure après pour me dire que c’était bon, j’étais encore en train d’attendre mon bus pour rentrer chez moi. Ce volontariat a été une très belle expérience.

Quelles sont vos missions au sein de Stan’Éco?

J’ai un gros rôle d’animation du club Stan’Éco que je coordonne avec Julie (Julie Labrunhie, coordinatrice de projets). En général, c’est moi qui réceptionne les mails et y réponds. Beaucoup de professeurs, d’élèves, de personnels, présentent des projets qu’ils aimeraient mener à bien, c’est par moi que ça passe pour coordonner ces derniers. Après, pour tout ce qui est budget, autorisation, cela va être madame Guyetand (directrice administrative et financière). Il faut savoir que Julie et madame Guyetand sont géniales, très motivées, surtout au niveau de l’écologie! Les mois où je suis présente à Stanislas, c’est moi qui anime les réunions du collectif, prépare les ordres du jour, un diaporama. Pour résumer mes missions, je dirai donc: coordination, animation, communication.

Y a-t-il une action qui vous tient particulièrement à cœur ?

C’est un casse-tête de résumer un tel projet… Il y a une évidence, le club Stan’Éco. On a des élèves réguliers, je les adore. Ce rôle d’animatrice me remplit de joie, c’est très gratifiant, car c’est beau de voir des élèves s’investir sur leur temps libre. Et il y a l’action pour laquelle j’ai eu le plus d’énergie, le recyclage des mégots, parce que je suis fumeuse. C’est quelque chose qui pollue énormément, et personne ne sait qu’on peut recycler les mégots.

Quel est le frein principal à la mise en place d’une action ?

Cela peut être le manque de temps. Mais le frein principal, c’est la réticence des gens à changer leurs habitudes, leur mentalité. Ça n’est pas propre à Stanislas, ça se voit partout. Faire accepter le changement est le plus difficile, peu importe l’âge, peu importe le milieu social. Après, un frein actuel, c’est la covid-19, qui a mis à mal ce qu’on a préparé.

Qu’est-ce qui explique votre BTS en alternance, « Développement et animation des territoires ruraux »?

J’ai eu la chance d’avoir un service civique dans un établissement scolaire où l’organisme de gestion est bienveillant. Ils m’ont dit : «On voit que tu as les capacités, on ne peut pas te laisser retourner sur le marché du travail comme-ça. Essaye de trouver une formation pour au moins avoir un bac+2.» Ils m’ont accompagnée pour trouver une structure, une école, qui puisse correspondre à ce que j’aimais faire. En plus, ils m’ont dit : «Si tu trouves une formation en alternance, on te prend d’office.» On a donc cherché une formation dans le développement durable. En France, ça commence à se développer mais avec peu de possibilités en alternance. Au fil de nos recherches, on est tombé sur ce BTS qui propose, plus que du développement durable, quelque chose qui se rapporte à la gestion de projets. Même si ce n’est pas dans l’intitulé du BTS, dans les cours il y a des notions de développement durable. On est douze dans la classe. J’apprends à mettre des choses en place d’un point de vue administratif.

Quelles sont vos perspectives professionnelles?

Stanislas est une très grande école, c’est quasiment une petite ville. Ça m’a vraiment motivée à vouloir travailler dans les villes, notamment à Mougins où j’habite, et dans la gestion de projets en rapport avec le développement durable. De plus, j’aimerais bien devenir maire de ma ville pour faire bouger les choses. Et du fait de mon BTS et de l’ambiance qu’il y a à Stanislas, ça me motive. On se rend compte que, même si on n’est pas nombreux, même si on n’a pas forcément les moyens financiers, on peut arriver à faire des choses vraiment formidables.

Propos recueillis par Denis Jaubert

L’intégralité de l’article sur Stan’Éco est à lire dans le n°81 d’octobre 2020 d’Église des Alpes-Maritimes