“Bienheureux les fêlés, car ils laisseront passer la lumière”

100 acteurs de la Pastorale de la santé du diocèse de Nice se sont rassemblés au sanctuaire Notre-Dame de Laghet, à La Trinité, vendredi 22 mars, pour la journée annuelle du service. Bénédicte Draillard a animé cette journée fraternelle et studieuse sur le thème “la psychologie au service de la foi”.

Sur les 300 personnes engagées dans la Pastorale de la santé dans les Alpes-Maritimes, responsables et bénévoles en milieu hospitalier, maisons de retraite et Service évangélique des malades, un tiers a répondu présent à l’invitation de José Barale, délégué diocésain. Sous un magnifique soleil, cette journée a permis à chacun de se retrouver, échanger et se former.

Bénédicte Draillard est journaliste pour RCF, radio chrétienne francophone, spécialiste de la Bible, de la psychologie et du développement personnel. Elle a une formation de canoniste et était encore très récemment éditrice pour une maison d’édition chrétienne. Devant un auditoire attentif, elle explique que José Barale et elle ont construit cette journée à partir de la phrase de Michel Audiard, réalisateur et scénariste français : “Bienheureux les fêlés, car ils laisseront passer la lumière“.

À travers l’étude de courts textes soigneusement choisis (L’art d’aimer de Chiara Lubich, Sur le bonheur de Teilhard de Chardin, Extrait du journal du Frère Roger) et de petits exercices pratiques, l’intervenante a abordé la question du bonheur en partant de soi, la centration, passant par l’autre, la décentration, pour aller jusqu’à ce qui est au-dessus de tout, la surcentration. Elle a également expliqué la congruence, c’est-à-dire l’adéquation entre ce que l’on vit et ce que l’on dit, un alignement de soi.
Bénédicte Draillard a ainsi abordé tour à tour l’estime de soi, la vulnérabilité, la bienveillance, le don, le bonheur, les forces et les faiblesses, les parts d’ombre et de lumière, l’accueil de l’autre… Autant de sujets pour se laisser bousculer.

Basil, originaire du Togo, 48 ans, a été baptisé en 2010. Il participe à cette rencontre car il apporte son aide à l’aumônerie de l’hôpital psychiatrique Sainte-Marie à Nice : “Cela m’a toujours fait du bien d’aider les autres, de partager, surtout dans les moments difficiles. Je suis venu en France car j’étais footballeur professionnel en national. J’ai eu un pépin de santé au genou qui m’a obligé à arrêter. Quand je suis arrivé à Nice, j’ai aidé à l’association MIR puis depuis deux mois au sein de la Pastorale de la santé“.

David, 37 ans, est responsable de l’aumônerie de l’hôpital psychiatrique Sainte-Marie à Nice. Il se rend disponible et à l’écoute des personnes rencontrées. Il propose toutes les semaines une assemblée dominicale en l’absence de prêtre ADAP, et la célébration de la messe lors des fêtes, pour les personnes en service ouvert. “Mon vécu personnel m’a emmené jusque-là. Cette mission m’apporte depuis un an et demi une certaine humanité, une confiance en moi. Je souhaite mettre en place pour l’avenir plus d’interreligieux et proposer des sorties“.

Monique est bénévole en pastorale de la santé depuis 20 ans. Actuellement, elle visite les patients de la clinique Saint-Dominique à Nice, établissement de soins de suite et de réadaptation. Ancienne assistante sociale, elle trouve une satisfaction dans l’aide aux autres “et une immense joie d’apporter la communion le dimanche“. Elle participe à la journée diocésaine pour retrouver tout le monde : “une occasion à ne pas manquer“.

Frère Pascal-Marie, de la communauté des Béatitudes, participe aux visites à l’hôpital de Grasse, en service pneumologie. “Cela fait partie de ma nature. Je suis aumônier en hôpital depuis 25 ans. Depuis tout petit, je suis confronté à la maladie et aux hôpitaux. Je suis aide soignant. C’est un endroit où je me sens bien. C’est parfois difficile mais quand je ne peux pas y aller, ça me manque.” Pour assurer cette mission, Frère Pascal-Marie est habillé en civil. “Les relations sont très bonnes avec le personnel du service, tout le monde sait que je suis religieux et je le dis aux patients au fil de la conversation.”

L’équipe d’aumônerie de la Pastorale de la santé de Grasse est guidée par José Barale. Il y a les visites aux malades et personnes âgées ou dépendantes, mais aussi la vie fraternelle en groupe. Tous les premiers mardis du mois, les 25 bénévoles prennent un temps pour eux, ensemble. Tous les autres mardis, ils profitent de l’expérience d’un intervenant. Tous les trois mois, une sortie à la fois culturelle, spirituelle et gastronomique est organisée.

Frédéric, 43 ans, est bénévole depuis trois mois à l’hôpital privé Arnault Tzanck à Mougins. Il travaille dans l’informatique à Sophia Antipolis et habite le secteur. Il fréquente la paroisse Notre-Dame de la Sagesse, où il s’est investi pendant trois ans au Parcours Alpha (repas convivial, suivi d’un bref exposé et d’un échange, où chacun est libre de dire ce qu’il a sur le cœur, de partager sans tabou ses objections, questions ou doutes). “Je souhaitais faire autre chose et on m’a proposé le service des malades. La charité est pour moi une dimension importante. J’ai suivi une formation en binôme directement sur le terrain avant de faire ma première visite seul. Je consacre 2 à 3h par semaine à la clinique. C’est une grande joie d’apporter aux autres. On voit beaucoup de souffrance. Je souhaite apporter mon témoignage aux personnes malades. Je les questionne à la façon du Parcours Alpha pour les laisser réfléchir et parler, sans jugement. C’est une très belle mission.”

Edina est Hongroise. Elle a quitté son pays en 1956 lors de la révolution. Aujourd’hui, à 80 ans, cela fait 55 ans qu’elle est au service de l’Église. Elle fut responsable de l’aumônerie du centre hospitalier SainteMarie de Nice qui accueille les personnes en souffrance psychique. “À cette époque, je passais également du temps avec les jeunes. À côté des personnes que je côtoyais à l’hôpital, je les trouvais pauvres spirituellement. Chaque année, avec ceux qui le pouvaient, nous venions en pèlerinage une journée au sanctuaire Notre-Dame de Laghet. Aujourd’hui, je fais partie de l’équipe restreinte de la Pastorale de la santé et je partage mon expérience aux autres. Cette journée diocésaine nous permet d’apprendre lors des temps de formation. Il n’y a pas d’âge pour progresser ! Il y a aussi une grande fraternité. C’est ça la Pastorale de la santé : esprit et vie de famille.

Cette journée d’amitié pendant le temps du carême a permis à tous de mieux se connaître et de découvrir des visages nouveaux et rajeunis. Le rendez-vous de l’année prochaine est déjà fixé au 20 mars 2020, avec l’intervention de Costantino Fiore, aumônier national de la Pastorale de la santé.

Mélanie Raynal

Pastorale de la santé

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2019-04-23T15:03:29+02:00
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