Les journées du presbyterium: vers une transformation missionnaire

Mgr André Marceau instaura à son arrivée dans le diocèse les journées du presbyterium : deux jours en janvier au cours desquels tous les prêtres du diocèse sont invités à se retrouver pour des temps conviviaux et des sessions de travail. 80 prêtres ont répondu présents ces 23 et 24 janvier aux journées organisées par le service des Formations permanentes. Ils se sont rassemblés à la Maison du Séminaire à Nice. Des jeunes prêtres comme des aînés, des prêtres diocésains et des religieux, des prêtres en paroisse ou en service diocésain tout comme des retraités : le reflet du presbyterium dans les Alpes-Maritimes.

#Jour1
La paroisse comme exemple de disciples-missionnaires

Après un temps de prière commun, l’évêque de Nice introduit la journée en citant des passages de l’exhortation apostolique de saint Jean-Paul II sur la formation des prêtres. Il rappela la toile de fond de ces rencontres : Mission Azur. Depuis septembre dernier, le diocèse de Nice est en effet engagé dans une nouvelle dynamique qui sera étudiée lors de ces deux journées. Le père Cyril Geley fit ensuite le lien entre les années précédentes, axées sur le prêtre dans sa vocation, et cette nouvelle année, où le prêtre est au milieu d’un peuple.

Pour enrichir le questionnement des prêtres, le père Benoît Moradei, curé de Hyères dans le Var, est venu témoigner de sa propre expérience d’une paroisse missionnaire. Originaire de Draguignan, il fut ordonné prêtre en 2001 et est curé de cette paroisse depuis 2011. Avec simplicité et enthousiasme, il témoigna de ses premières années de mission, des forces et faiblesses rencontrées et des modèles observés ailleurs (comme l’exemple de « the game place »). Son constat : le besoin de baliser un itinéraire, plutôt que de superposer de nouvelles propositions.

Il expliqua également à son auditoire attentif ce qu’il mit en place dans sa paroisse, autour des 5 piliers de la vie de Jésus : la prière, la vie fraternelle, la formation, le service et l’annonce, tout en mettant au centre le Christ et les sacrements. Ces 5 dimensions ne sont pas cloisonnées et doivent interpeller pour soi-même, pour chaque groupe et au niveau de la paroisse. « Pour une conversion pastorale, il faut passer de l’accumulation au processus ». C’est ce qu’il essaie de faire dans sa paroisse : un processus de transformation pour un itinéraire de disciples-missionnaires.
Premier exemple : le parcours Alpha. Oui, mais pour tout le monde, dont les paroissiens. Cette démarche permet à chacun de mieux se connaître et d’accueillir au sein des communautés les nouvelles personnes pour briser le cloisonnement. Le curé propose aussi dans une dynamique de cheminement un pré-Alpha avec les groupes de jeunes, les mariés de l’année, les parents, et un post-Alpha pour poursuivre les rencontres, les échanges et le partage. Second exemple : la création de fraternités paroissiales. Il s’agit de groupes de partage et formation dont les membres se réunissent tous les 15 jours. À la fin de son intervention, le père Benoît Moradei partagea aux prêtres présents cinq convictions : commencer par soi, former une équipe, choisir un itinéraire simple, se lancer et s’attendre à des résistances.

Tous les prêtres ont ensuite concélébré la messe dans la chapelle de la Maison du séminaire, avant de déjeuner ensemble. En début d’après-midi, le père Benoît Moradei se prêta au jeu des questions-réponses. Puis les prêtres sont allés réfléchir en petits groupes sur les questions soulevées par l’intervenant. La première journée fut conclue par Mgr André Marceau après une mise en commun des différentes réflexions.

#Jour2
Un diocèse en transformation missionnaire

Mgr Christophe Dufour est évêque du diocèse d’Aix et Arles depuis 2010. Il est venu témoigner de son expérience aux prêtres de notre diocèse, au travers d’un exposé en trois points. Premièrement : il faut prendre le temps du discernement et du recul. Mgr Dufour rappela ainsi les dernières grandes dates et étapes qui ont permis à l’Église catholique d’opérer aujourd’hui un tournant, une transformation, qui prendra du temps.

Deuxièmement : le temps de la conversion. Le constat est qu’aujourd’hui nous sommes proches d’une première évangélisation plutôt que d’une nouvelle évangélisation. C’est-à-dire qu’il faut savoir se convertir soi-même. « Le temps l’emporte sur l’espace » ajoute Mgr Dufour. Il faut voir loin, poser des actes dans une vision, initier des processus. Cela demande de la patience, un acte de foi et un acte d’abandon. Le diocèse d’Aix et Arles travaille ainsi au sein du Conseil épiscopal pour proposer une direction et une vision, pour une transformation missionnaire en premier lieu des services diocésains et des paroisses.

Troisième point : Comment cela se fera-t-il ? Il faut avoir conscience des difficultés qui mettent à l’épreuve : la diminution du nombre de prêtres, la pression des événements et le peu de fécondité apparente des sacrements. Concrètement, dans le diocèse d’Aix et Arles, Mgr Dufour a proposé à partir du 8 décembre 2016 une année de prière mariale, une démarche d’acte de foi, un mouvement de transformation qui porte le diocèse par petites touches, à la manière des peintres impressionnistes. Le 8 décembre 2017, après une neuvaine de prière, le diocèse fut consacré à Marie. 2018 devrait permettre à chaque paroisse d’adopter la même démarche. Autre exemple dans le diocèse qui rejoint l’exemple de la paroisse de Hyères : dans l’idée de donner un souffle commun, création d’une fraternité de tous les acteurs en mission. Ils se retrouvent régulièrement selon les 5 essentiels de la vie de Jésus et doivent à leur tour accompagner les paroisses vers cette transformation missionnaire.

À l’occasion de la célébration de la messe de ce deuxième jour, Mgr Jean Bonfils fêta ses 25 ans d’ordination épiscopale. Un moment d’émotion et de reconnaissance pour celui qui fut évêque de Nice de 1998 à 2005.

Après le déjeuner, Mgr Christophe Dufour échangea avec les prêtres présents, répondant aux questions ou approfondissant certains thèmes. « Dans un diocèse, plus il y a des charismes différents, plus il y aura de chemins de conversion touchant des personnes différentes. »

La suite de l’après-midi fut consacrée à la présentation de la commission Mission Azur, avec ses différents membres. Ils ont rappelé que le but de Mission Azur n’était pas de dire ce qu’il faut faire ou pas mais d’être présent aux côtés de ceux qui le souhaitent et de proposer des outils pour amorcer cette transformation missionnaire. Chacun est libre de ses actions en fonction de ses réalités. La commission est déjà intervenue auprès de paroisses ou doyennés pour réexpliquer les 5 essentiels et proposer des outils. Elle se rassemble une fois par mois pour travailler sur ces demandes, sur les retours qu’elle reçoit et sur les temps forts proposés à tous, comme le 4 février prochain en l’église Saint Marc à Nice.

Mgr André Marceau clôtura ces deux journées de témoignages en rappelant l’importance des temps de prière, en remerciant tous les présents et les organisateurs et en insistant sur trois mots clés : prière, partage et mission.

Mélanie Raynal

2018-01-26T11:04:45+00:00
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