Jubilé d’or de Mgr Guy Terrancle

Confrères et amis s’étaient rassemblés vendredi 29 septembre autour de Mgr Guy Terrancle à l’occasion d’une messe d’action de grâces pour le 50e anniversaire de son ordination sacerdotale. Mgr André Marceau a présidé la célébration dans la chapelle de la Maison du séminaire. Un moment fort en recueillement et émotion.

29 septembre 1967 – 29 septembre 2017, chapelle du séminaire. Même endroit et même émotion. 25 prêtres entouraient Mgr Terrancle pour fêter son jubilé. Lors de son intervention, ce dernier a rappelé le jour de son ordination puis ses différentes missions dans le diocèse de Nice et notamment à Rome. « En définitive, je n’ai jamais été ni curé, ni vicaire. J’ai été une sorte d’apparatchik de l’Église. Je n’ai recherché aucun des postes qui m’ont été confiés (J’y suis allé parfois en traînant les pieds) mais j’ai très rapidement aimé ce qui m’était confié car je savais que je n’étais pas là par hasard. C’est la grande liberté que procure l’obéissance que nous avons promise au jour de notre ordination. »

Parmi les missions occupées : aumônier du collège Stanislas de Nice de 1967 à 1977, secrétaire particulier de Mgr Mouisset de 1971 à 1978, aumônier du lycée français de Rome de 1979 à 1986, chapelain de la Miséricorde et aumônier des Pénitents noirs de 1986 à 1990, conseiller ecclésiastique de l’Ambassade de France près le Saint Siège de 1990 à 2002, vicaire général du diocèse de Nice de 2004 à 2012.

« Je rends grâce également au Seigneur pour ceux qui ont été mes supérieurs : les Évêques de Nice (5 en 50 ans), mes Ambassadeurs à la Villa Bonaparte (7 en 12 ans). Les uns comme les autres m’ont fait confiance, m’ont associé aux responsabilités et, bien souvent, m’ont honoré de leur amitié. Je leur dois une reconnaissance sans bornes pour tout ce que j’ai reçu d’eux. Je rends grâce, enfin, au Seigneur pour l’amour inconditionnel de l’Église qu’il a mis dans mon cœur. C’est l’honneur de l’Église qui m’a tenu, retenu, soutenu dans les moments difficiles de mon existence ou de mon ministère. Je lui dois tout ce que j’ai et tout ce que je suis. »

À l’issue de la célébration, tous se sont retrouvés autour d’un vin d’honneur.

Mgr Terrancle, dans quel état d’esprit est-on à l’occasion d’un tel anniversaire ?

J’ai reçu beaucoup de témoignages ! Je ne m’attendais pas avoir autant de marques d’attention. C’est une impression, sans forcement le savoir, d’avoir fait passer un message. J’ai été sincèrement étonné par cette gratitude et les remerciements pour des actes qui me semblent normaux, comme l’accueil, l’écoute, laisser ma porte ouverte…

Est-ce aussi l’occasion d’un renouvellement de son engagement ?
Le jubilé d’un prêtre est toujours une fête du sacerdoce et l’occasion de ressaisir la mission du prêtre dans l’Église et dans la Société. C’est le moment pour un bilan, prendre le temps de la relecture, surtout dans nos vies si remplies. L’occasion de voir le parcours réalisé. 50 ans représentent une tranche de vie personnelle  et pour le monde dans lequel nous vivons. C’est aussi pour moi l’occasion de me dire que je ne me suis pas trompé ! Tout au long de ces 50 années, pas une fois je n’ai regretté d’avoir dit : « Oui ». Non pas que la vie d’un prêtre soit nécessairement un « long fleuve tranquille » mais j’ai touché du doigt, j’ai touché du cœur, au jour le jour la fidélité de Dieu qui m’a soutenu et accompagné.

À 80 ans, quel regard portez-vous sur l’Église d’aujourd’hui ?
J’ai vu l’Église s’ouvrir, se pencher sur les réalités du monde, sur les soucis de ceux qui sont en dehors des règles de l’Église. L’Église d’aujourd’hui fait preuve d’une grande ouverture. Quand on s’ouvre aux autres, il y a des risques et des défis. L’influence sociologique de l’Église semble diminuer mais le message évangélique est toujours aussi vivant et il y a des hommes et des femmes capables de le porter. Je ne suis pas pessimiste sur l’avenir de l’Église. C’est elle qui m’a tenue debout dans les moments difficiles. Puis, l’image que l’on donne de l’Église est une grande responsabilité. J’ai toujours eu ce souci de donner l’image d’une Église aimante, ouverte, accueillante, fraternelle.

Que diriez-vous à un jeune qui se sent appelé à devenir prêtre ?
Vas-y, tu ne le regretteras pas ! C’est une des plus belle aventure que tu puisses faire pour organiser ta vie. Quand on répond à l’appel du Seigneur, il nous demande tout mais il nous donne tout et nous recevons « grâces sur grâces » pour rayonner de l’Amour sans mesure que Dieu nous donne à profusion. Le sacerdoce n’est pas un refuge pour se mettre à l’abri et se protéger d’un monde méchant. Le sacerdoce est un chemin. Ceux qui ont entendu l’appel « viens, suis-moi », savent qu’ils n’ont été appelés que pour être envoyés. Un appel à aller au nom de Jésus à la rencontre des hommes de ce temps, pour les servir dans la charité : leur annoncer l’Évangile et les aider à affronter les nouveaux défis d’aujourd’hui.

Mélanie Raynal

« Je suis plein de reconnaissance envers Celui qui m’a revêtu de sa force, le Christ Jésus notre Seigneur ; c’est Lui qui m’a jugé digne de confiance en m’appelant à son service. »

I Tim 1,1-12

2017-10-05T11:18:43+00:00
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