Jeudi 7 janvier au matin, vingt-cinq personnes (essentiellement des bénévoles au Secours catholique et à l’Ordre de Malte) ont suivi une formation. Celle-ci a été donnée à Nice par l’équipe du service urgences France du Secours catholique. Dès lundi prochain, certains volontaires se rendront dans la Vésubie. Objectif: aller à la rencontre de professionnels sinistrés.

C’est à La Bollène-Vésubie que va être installé le poste de coordination sur site (PCS) à compter du 11 janvier. Ses référents seront Danièle Claire, bénévole, responsable de l’équipe de Roquebillière du Secours catholique, et Jean-Claude Lebrun, le «monsieur urgences» de la région Provence-Alpes-Côte-d’Azur-Corse. Dans la vallée de la Vésubie, la présence d’une équipe locale a permis à l’association d’être à l’œuvre dès les premiers jours qui ont suivi le passage de la tempête Alex, dans la nuit du 2 au 3 octobre 2020. Cette équipe a ainsi pu rencontrer trente familles. Et une évaluation de la situation a été menée dès le 9 octobre dans le but de préparer des visites aux personnes sinistrées à partir du 9 novembre. Mais le confinement a entraîné le report du dispositif au mois de janvier pour agir dans de meilleures conditions. Il a fallu s’adapter.

Sur la base des échanges avec les élus locaux, il a alors été décidé de réorienter l’action vers les professionnels. Une cinquantaine de commerçants, d’artisans ont été contactés (à Roquebillière, Lantosque, Saint-Martin-Vésubie, Saint-Jean-la-Rivière…) Ce sont eux que vont aller rencontrer les volontaires, en binômes. Des rendez-vous ont déjà été fixés, car l’une des difficultés est «où rencontrer les gens?» Beaucoup n’ont en effet plus d’adresse. Deux binômes devraient être à l’œuvre la semaine prochaine, du lundi au jeudi avec, chaque fin de journée, une relecture des dossiers avec les référents, et un bilan de la semaine le vendredi matin avant de rentrer chez eux. Leur hébergement sera assuré dans un hôtel. Puis de nouveaux binômes iront dans la Vésubie la semaine suivante (en tenant compte de l’évolution de la situation sanitaire et des mesures prises par le gouvernement). Si le principe de base est d’aller à la rencontre, de prendre un temps de présence auprès de personnes en souffrance, une aide (financière, matérielle), un soutien (psychologique, spirituel) pourra être apporté en réponse aux besoins exprimés. Pour cela, le dispositif comprend une commission des aides basée à Nice.

Au cours de la matinée de formation, Philippe Biron, salarié au Secours catholique en charge des urgences en France et Outre-mer, et Jean-Claude Lebrun ont abordé plusieurs points, dont la présentation du Secours catholique: son organisation générale, son organisation dans l’urgence. Ainsi, le service urgences France ne se substitue pas aux délégations départementales. Il accompagne et soutient celles-ci lorsque, confrontées à un événement extraordinaire, elles font appel à lui. L’action menée depuis octobre dans les vallées sinistrées a été détaillée. Ainsi que les actions qui restent à faire. Outre le déploiement d’un dispositif dans la Vésubie, des volontaires vont aller visiter des personnes relogées à Nice et dans ses alentours. Enfin, une personne de la délégation départementale et un membre du service urgences France vont monter dans la Roya lundi 11 janvier. Leur mission: rencontrer la paroisse afin de voir ce qui peut être mis en place.

Jean-Luc Nani, président de la délégation des Alpes-Maritimes du Secours catholique, a tenu à remercier les volontaires présents. L’importance de la collaboration avec l’Ordre de Malte a été soulignée. «La tâche qui est devant nous n’est pas facile» a-t-il dit. Mais avec la motivation, comme l’exprimait Mgr Jean Rodhain, fondateur du Secours catholique, de faire repartir la vie.

Denis Jaubert