Messe d’envoi : Homélie de Mgr André Marceau

Homélie de Mgr André Marceau pour la messe d’envoi et la fin du pèlerinage diocésain à Lourdes, vendredi 6 juillet.

Textes de l’Écriture : 1Pi 3, 13-16 / Lc 9, 1-6

Nous repartons de Lourdes. Est-ce une porte qui se referme, derrière laquelle nous allons ranger, dans des casiers, souvenirs et moments forts ? Certains pourraient resservir.
Lourdes : un temps extraordinaire pour tenir l’ordinaire ? Vous ne le croyez pas.

Nous venons de vivre une belle et forte halte de ressourcement. Une halte salutaire, pour chacun, de l’évêque au plus jeune des collégiens. La halte fait partie du chemin… Elle permet de le poursuivre avec plus de souffle, de force, d’espérance. La halte fait partie de l’avancée du chemin.
Le chemin de notre vie d’hommes, de femmes, de jeunes, aujourd’hui, dans les conditions et choix de vie qui sont les nôtres. Notre chemin est marqué par le baptême et la rencontre du Christ, par nos recherches, nos désirs, nos insatisfactions, nos réussites, nos joies, nos décisions…

Ce chemin est le lieu de l’amour de Dieu pour nous. Là, Jésus nous rejoint. Il nous appelle à donner par notre vie une réelle réponse d’amour à l’amour du Père « qui nous a aimé le premier ». Il nous appelle, selon les paroles de Pierre, à rendre compte de l’espérance qui est en nous « avec douceur et respect ». Plus qu’en paroles, notre espérance s’exprime par les actes et engagements de notre vie.

Ce chemin de la vie ordinaire est notre chemin de sainteté. Ce fut le chemin de Marie, c’est celui des « gens des rues ». N’oublions pas que la vie ordinaire de nos groupes, des paroisses, du diocèse, de l’hospitalité et des aumôneries, est évidement lieu de sainteté. Ils font partie de la vie ordinaire qui doit révéler le Seigneur. Pour le service, ces jours, le Seigneur nous a rassemblés, avec d’autres pèlerins. Comme pour les 12, il nous donne la feuille de route :

  • Proclamez le règne de Dieu

  • Guérissez les malades

Proclamer, c’est déjà accueillir soi-même, en faire l’expérience : « que ton règne vienne en ma vie » par Marie et Bernadette. La halte de Lourdes nous conforte.

Marie a proposé à Bernadette de prendre du temps avec elle. Elle nous propose de prendre du temps avec Jésus, son fils, par la prière, la lecture de la Bible, la formation… Ce sont des lieux de dialogue avec le Seigneur pour entendre « Faites tout ce qu’il vous dira ». À Lourdes, nous avons pris ce temps. Ailleurs, il faudra encore le prendre.

Marie demande de construire une chapelle. Dans nos paroisses et tous les groupes, construisons-nous la communauté ? Est-elle ouverte à tous ou un bastion de services administratifs ? Savons-nous accueillir ? Comment est-ce que j’apporte ma pierre à cette construction et j’en entraine d’autres ? Ici, il y a une réelle solidarité et entraide. Et chez vous ?

Marie demande de venir en procession : marcher ensemble autour du Seigneur, faire Église. Suis-je vraiment dans un esprit de communion avec l’Église, avec sa vie, avec le diocèse ? Est-ce que cela m’intéresse ? Suis-je facteur d’unité, de fraternité pour comprendre les propositions qui peuvent unir au nom de l’Évangile ?
« Toujours avec douceur et respect ».

Marie demande la conversion : mettre sa vie dans l’aujourd’hui de l’Évangile concrètement. Elle propose de vivre le Royaume en nos vies. Voici une halte constructive. Cela fait de nous des témoins vivants et crédibles.

Si chacun se convertit, l’Église sera convertie, toujours plus proche de son Seigneur et des autres.
Guérissez les malades dit Jésus. Aller vers les autres et proposer la joie de l’Évangile, c’est partager l’espérance que la venue de Jésus et le don de sa vie ont ouverts pour tous.

C’est ainsi oser ce travail de guérison, redonner santé, témoigner du Salut, en faisant reculer l’égoïsme, le repli sur soi, la violence dans tant de relations, la solitude, l’oubli des personnes, les disparités… Et il y a bien d’autres maladies à vaincre dans nos vies et dans la société.

Ce travail de guérison est de tous les jours. C’est le travail du cœur. Osons-le ! Nous portons le nom du Christ. Donnons corps au partage, à la rencontre, à la paix, à la fraternité, au service gratuit.

Lourdes nous apprend cela, parce que sous-tendu par la rencontre du Christ : « Faites tout ce qu’il vous dira. »
Que l’Évangile soit notre chemin de vie avec le Christ et avec les autres. C’est la condition pour être des disciples missionnaires. C’est le sens de notre marche diocésaine « Mission Azur ».
Que chacun entende selon ce qu’il est, sa situation, son rapport à la foi ou à l’Église, la parole de Marie. « Faites tout ce qu’il vous dira. » C’est un chemin de conversion.
Qu’ainsi chacun à sa manière soit véritablement acteur de l’amour de Dieu.

Lourdes un fois encore nous a renouvelés par le riche vécu pour lequel il nous faut rendre grâce.
Le Seigneur nous envoie et nous attend sur le chemin de demain.
Marie est toujours cette présence si proche, comme à Cana. Avec elle, allons à l’essentiel : « qu’il me soit fait selon ta parole ».

Osons nous défaire de ce qui est inutile, dépassé, périmé, de nos lourdeurs. Où est l’essentiel ? Laissons-nous remplir le cœur de l’amour de Dieu, de la joie de l’Évangile, pour ainsi qu’à Cana, partager le vin nouveau du Christ…
Bonne nouvelle dans nos vies et pour le monde autour de nous.
Chrétiens, portons cette espérance.

2018-07-17T09:37:22+00:00
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