1400 personnes sont venues participer de tout le diocèse, et d’ailleurs, à l’installation officielle de Monseigneur Jean-Philippe Nault comme évêque de Nice, dimanche 8 mai 2022, en la cathédrale Sainte-Réparate. Ce fut une très belle cérémonie, retransmise en direct sur les réseaux sociaux et suivie par plus de 13500 internautes. Retour.

Mgr Jean-Philippe Nault, jusqu’alors évêque de Digne, Riez et Sisteron, fut nommé par le pape François le 9 mars dernier comme nouvel évêque pour le diocèse de Nice, le pape ayant accepté la démission de Mgr André Marceau pour raison d’âge. Mgr Nault a été reçu dimanche 8 mai après-midi dans la basilique cathédrale Sainte-Marie Sainte-Réparate par le Chapitre cathédral et le Collège des consulteurs, pour la prise de possession canonique du siège épiscopal de Nice. L’intérieur de la cathédrale était comble pour la messe d’installation, tout comme la place Rossetti, équipée d’un écran géant et de chaises. Une célébration recueillie en présence de 18 évêques, 11 vicaires généraux, de très nombreux prêtres et diacres, 70 religieux et religieuses, les confréries de pénitents, les ordres de chevalerie, des représentants des autres confessions religieuses, les représentants des institutions publiques, une délégation venue de Digne… Un accueil des plus chaleureux pour celui qui va à présent conduire notre diocèse.

Photos: Marie-Cécile Lepage, Mélanie Raynal, Pierre-Henri Despagne et Denis Jaubert.

La bulle pontificale

M. le chanoine Stéphane Drillon, chancelier du diocèse de Nice, a présenté la bulle pontificale à toute l’assemblée, avant d’en lire la traduction française établie par la chancellerie.

François, Évêque, Serviteur des Serviteurs de Dieu,
Au Vénérable Frère Jean-Philippe NAULT, jusqu’à présent à la tête de l’Église de Digne, constitué Évêque de l’Église de Nice, salut et Bénédiction Apostolique.

Le Verbe du Père met en valeur, dispose et contient toutes choses. Par le Verbe, nous avons en un seul Esprit accès auprès du Père (Épitre aux Éphésiens, 2, 18). Pour annoncer l’Évangile à tous et à chacun, Nous qui, par mandat divin, avons été placé à la tête de tout le troupeau du Seigneur et qui veillons sur lui, Nous cherchons avec empressement les hommes idoines pour exercer avec soin et en union avec Nous, l’œuvre commune de l’évangélisation.

Présentement, Nous portons Notre attention sur la communauté de Nice dont l’Évêque précédent, Notre Vénérable Frère André MARCEAU, a renoncé au gouvernement, et qui a besoin d’un nouveau Modérateur des réalités spirituelles et de la vie diocésaine. C’est pourquoi, Nous avons pensé à toi, Vénérable Frère, qui, dans ta fonction épiscopale accomplie jusqu’ici dans le diocèse de Digne, as brillé par la prudence, le zèle pastoral, la saine doctrine et l’organisation des tâches à accomplir. Ceci considéré, ayant reçu l’avis de la Congrégation pour les Évêques, de par Notre Autorité Apostolique, ton lien au siège précédent étant dissous, Nous te choisissons et te constituons Évêque de Nice, avec tous les droits, fonctions et obligations fixées qui se rapportent à cet office selon le droit canonique. Tu auras soin, Nous te le demandons, que le clergé et le peuple viennent à avoir connaissance, le plus tôt possible, de Nos Lettres et Nous les exhortons avec bienveillance à porter un amour filial et fidèle dans l’obéissance au Christ, au Pasteur qui leur est donné.

Enfin, quant à toi, Vénérable Frère, Nous t’invitons à conduire la communauté confiée à ta charge avec l’amour d’un cœur de père jusqu’aux pâturages de la vie éternelle, la sagesse de l’Évangile étant ton guide.

Donné à Rome, au Latran, du neuvième jour du mois de mars, l’an du Seigneur deux mille vingt-deux, le neuvième de Notre pontificat.

Signé : François.

Mgr William MILLEA
Contresigné : des Affaires générales de la 1ère Section de la Secrétairie d’État

Présentation du diocèse de Nice

Lue par Marie Isnard-Salviati, coordinatrice du pôle Solidarités, et Bertrand Gorge, du service Écologie intégrale

Monseigneur,

Le diocèse de Nice, dont vous devenez évêque aujourd’hui, recouvre le territoire des Alpes-Maritimes à l’exception de l’île Saint Honorat. Il s’agit d’une terre de contrastes à la riche histoire. Depuis 1860 et l’annexion du comté de Nice à la France, ce petit diocèse a vu sa surface plus que doubler en quelques années avec le rattachement ecclésiastique de l’arrondissement de Grasse en 1886 et, en 1947, le rattachement des hautes vallées de la Roya, de la Vésubie et de la Tinée. Ainsi, le diocèse de Nice a, à la fois, une tradition niçoise et une tradition provençale.

Terre de contrastes avec des réalités géographiques différentes: des bords de la mer Méditerranée au Mont Gélas, qui culmine à 3 143 mètres, ce sont des paysages bien différents qui émerveillent les habitants des Alpes-Maritimes comme les nombreux touristes qui viennent chaque année dans notre région.
C’est aussi une terre de rencontres et de carrefour: avec son aéroport, le deuxième de France, sa frontière avec l’Italie et l’enclavement de la principauté de Monaco. C’est aussi une terre qui a accueilli tout au long du XXe siècle des migrations différentes: italienne, espagnole, cap-verdienne, du Maghreb. Il ne faut pas oublier en 1962 l’arrivée des rapatriés d’Afrique du Nord. Aujourd’hui encore, ce département est un lieu de passage et d’accueil: la vague migratoire des dernières années traversant la Méditerranée et aujourd’hui l’arrivée des Ukrainiens.

Ce territoire est aussi une terre qui a été meurtrie. Durant les dernières années, ce sont les catastrophes climatiques de 2015 et 2020, mais aussi les attentats de la Promenade des Anglais en 2016 ou de la basilique Notre-Dame en 2020.

Aujourd’hui, ce département, peuplé de plus d’un million d’habitants, voit se côtoyer à la fois la plus grande richesse mais aussi de grandes pauvretés à la fois matérielles, humaines et spirituelles. Le tourisme est une réalité importante, la Côte d’Azur est la deuxième destination touristique après Paris. Mais il y a aussi des entreprises de pointe avec la technopole de Sophia Antipolis et un pôle sur l’intelligence artificielle qui se développe.

Le diocèse de Nice, dont les origines remontent aux premiers siècles, poursuit sa mission d’annoncer l’Évangile dans ce territoire. Depuis «Diocèse 2000» et sa charte d’évangélisation, le diocèse est composé de 46 paroisses réunies en 12 doyennés, desservies par 120 prêtres en activité et une trentaine de diacres. Un synode diocésain a été célébré entre 2007 et 2009. Depuis 2017, une démarche diocésaine de transformation missionnaire «Mission Azur» a vu le jour. Elle a pour but d’annoncer le Christ dans notre temps et d’être une Église missionnaire dans le chemin proposé par le pape François dans «La joie de l’Évangile». Et bien des réalités manifestent la vitalité des liens avec les autres communautés chrétiennes ou les autres confessions religieuses.

Même si le département des Alpes-Maritimes a la réputation d’avoir une population relativement âgée, les jeunes sont bien présents et l’Église diocésaine accompagne de nombreux enfants et jeunes. Chaque année, «Cap Montagne» réunit environ 600 jeunes de 4e et 3e pour une journée de marche et de prière.
La pastorale des migrants est importante, à la fois dans l’accompagnement des communautés installées depuis longtemps mais aussi dans l’accueil des migrants.

Monseigneur, vous arrivez dans un diocèse plein de potentialités qui ne demande qu’à poursuivre la mission reçue de la part du Christ. Que Sainte Réparate, patronne de la cathédrale et du diocèse, les saints du diocèse et plus particulièrement le Bienheureux Christian Chessel, que nous fêtons aujourd’hui, vous accompagnent dans votre mission d’évêque de Nice.

Homélie de Mgr Jean-Philippe Nault
Messe d’installation – 8 mai 2022

Chers amis,

Nous célébrons aujourd’hui avec toute l’Église ce que nous appelons le dimanche du Bon Pasteur. L’évangile que nous venons d’écouter, qui est une partie du chapitre 10 chez saint Jean, nous dévoile ce qu’est le Bon Pasteur. Jésus lui-même nous dit «je suis le Bon Pasteur, je connais mes brebis». Aujourd’hui, nous sommes invités à porter notre regard sur Jésus, Jésus le Bon Pasteur, Jésus en sa qualité de pasteur. L’évangile nous précise Jésus est bon, il est bon comme Dieu seul est bon, parce que Jésus est Dieu. Il est bon par sa proximité, il est bon par sa miséricorde. Il est un bon pasteur.

Nous avons l’habitude dans nos montagnes de côtoyer des bergers, et nous savons que le pasteur est celui qui conduit, guide, montre la route, accompagne, garde, protège, redresse si nécessaire, soutient. Jésus est le Bon Passeur. Il me semble que cette dénomination est très touchante. Elle a marqué l’imaginaire des premières communautés chrétiennes et on connaît les images du Bon Pasteur dans les catacombes romaines. Elle est très touchante parce qu’elle nous montre Jésus, c’est-à-dire Dieu, dans sa proximité, sa bienveillance réelle avec chacun et avec chacune. Non seulement cette image est touchante, mais il me semble qu’elle imprime une dynamique parce que les chrétiens sont en chemin, sur la route, accompagnés par Jésus. Et nous, chrétiens, nous sommes invités à poser notre regard toujours davantage sur Jésus le Bon Pasteur.

Rappelons-nous Emmaüs: Jésus qui accompagne ses disciples sur la route, même sans se faire reconnaître, mais par sa proximité, sa fraternité, la force de la parole de Dieu, il leur montre le chemin. Oui, Jésus est notre pasteur. Où nous mène-t-il? Le psaume nous le rappelle. Il nous mène vers les verts pâturages, c’est-à-dire vers le ciel, vers la vie éternelle, cette vie avec Dieu commencée ici-bas et pour toujours. Comment nous mène-t-il? La tradition venue de nos frères juifs nous l’explicite, l’Ancien Testament nous le précise. Jésus, en sa personne, réunit à la fois le grand prêtre, le prophète et le roi. Ces trois grandes missions de l’Ancien Testament, Jésus les réunit en lui-même. Il est grand prêtre par l’offrande de ce qu’il est, et il nous entraîne sur ce chemin. Il est prophète parce qu’il parle au nom de Dieu. Il est le verbe fait chair, la Parole incarnée. Il est roi parce qu’il nous conduit vers le Père.

L’évangile de saint Jean, dans son chapitre 10, nous donne trois précisions. C’est Jésus lui-même qui les donne. La première: «je suis la porte», c’est-à-dire qu’il nous invite à passer par lui pour rejoindre le Père. La deuxième précision qu’il nous donne est: «je donne ma vie pour mes brebis». Ce n’est pas simplement un compagnon de route, il donne sa vie par amour pour nous. Il est le sauveur, le libérateur, celui qui pleinement nous rend libre c’est-à-dire pleinement heureux. Et la troisième précision qu’il nous donne est: «je connais mes brebis et mes brebis me connaissent», c’est-à-dire qu’il nous invite, comme chrétiens, à entrer dans cette amitié extraordinaire, bouleversante, avec Dieu lui-même. Être chrétien n’est pas simplement une identité extérieure ou culturelle, c’est une amitié profonde avec Dieu, en Jésus. C’est notre secret, à chacun, et nous sommes ici-bas pour grandir dans cette amitié et l’Église est là pour nous accompagner, pour nous faire entrer davantage dans cette intimité avec Jésus, dans cette amitié extraordinaire, bouleversante, qui donne sens à nos vies.

Alors, pour terminer, nous voici en ce dimanche du Bon Pasteur devant Jésus. Plusieurs questions peuvent rejoindre notre cœur. Je nous les pose. Qui est vraiment Jésus pour moi aujourd’hui? Comment vais-je répondre à son amour infini qui me rejoint quelle que soit mon histoire, ma mission? Vais-je le suivre en vérité? Puissions-nous chacun, dans le secret de notre cœur, répondre librement et avec joie. Puissions-nous, qui que nous soyons, suivre Jésus aujourd’hui et pour toujours.

Amen

Avant et après la messe, impressions recueillies

Paule et Gabrielle, paroissiennes à Nice-nord et Nice-centre.

Paule: «C’est très important d’être là pour montrer qu’on est vivants, vraiment dans l’Église et avec notre évêque. On a envie que le monde voie combien les chrétiens sont dans la paix, dans la joie et dans l’amour.»

Gabrielle: «Il y a un nouvel évêque, en tant que chrétienne c’était logique de venir l’accueillir, lui montrer notre présence. Je crois qu’il y aura beaucoup d’évêques, de prêtres… Puis ça fédère, c’est vraiment un moment où tous les fidèles du diocèse peuvent se réunir, ce n’est pas rien.»

Paule: «L’évêque, c’est le berger qui rassemble les brebis, et on reconnaît le berger: quand il nous parle, on est là, on veut être là.»

Gabrielle: «C’est le berger de nos prêtres, donc il a un rôle essentiel pour tout ce qui est à venir dans la vie du diocèse. On ne le connaît pas donc il y a une espérance: on est un peu dans l’attente, dans l’espérance de découvrir ce nouvel évêque.»

Géraldine vient de Grasse. Originaire du Cap Vert, elle vit entre ce pays et la France.

«Je suis venue avec mon mari. J’ai fait tout pour être là aujourd’hui parce que c’est un grand moment pour nous, c’est magnifique. La parole que le nouvel évêque nous a dite à la fin, qu’on soit humbles, je trouve que c’est très important, ça me parle beaucoup. Et aussi la mission parce que, comme il l’a dit, on est tous missionnaires. En plus, moi ça me fait plaisir parce que j’ai un beau-frère qui est évêque au Brésil. Je vois ce nouvel évêque, je pense qu’il va être aimé du peuple de Dieu. Je lui souhaite tout du bon pour lui, surtout la santé, et puis le courage pour conduire le peuple de Dieu. C’est très important d’aller le saluer, en plus il est jeune!»

Edna, paroissienne à Nice-est, au sein de la communauté Notre-Dame de Bon Voyage (paroisse Saint-Pierre de l’Ariane).

«On vient parce que notre évêque est parti à la retraite, c’est un autre évêque qui arrive donc c’est une fierté d’être là pour le soutenir et pour l’accueillir. Il fallait être là. J’ai fait tout mon possible pour être présente. Ça nous fait plaisir, comme ça il voit qu’il n’est pas tout seul, que dans son entourage il y a beaucoup de monde qui le soutient et qui lui donne de la force. C’est l’accompagner dans la nouvelle marche qu’il a devant lui. Avec l’évêque André on était proches: quand il venait à la messe, à des célébrations spéciales, il était avec nous un peu pour discuter; donc j’espère qu’avec lui (Mgr Nault, ndlr) ça va continuer pareil.»

Cyrille Prache est du diocèse de Digne où Mgr Nault l’a ordonné diacre permanent au mois de septembre 2021.

«Évidemment je suis présent aujourd’hui. On était avec lui la semaine dernière pour sa messe d’action de grâce à Digne, et pour moi c’est tout naturel de venir l’accompagner ici pour son installation. Je l’accompagne avec joie, mais surtout avec beaucoup de prières parce qu’il change de dimension en arrivant à Nice. Et je sais que, pour lui qui est un homme simple, humble -je crois qu’on peut vraiment le dire après la messe qu’on a vécue- il a besoin ici à la fois de rester lui-même et de donner le meilleur qu’il a pour ce diocèse. Quand je vois ce presbyterium, quand je vois cette cathédrale et quand je vois cette foule qui est venue ici, et puis quand on connaît par ailleurs la taille du diocèse de Nice, c’est un changement de dimension pour lui. Mais je crois qu’il est dans le ton de ce que Mgr Marceau avait donné. Je pense à Mission Azur: Mgr Nault va très bien s’inscrire dans ce projet, il va amener des impulsions missionnaires qu’il porte lui, puis je crois qu’il va stimuler tous ceux qui veulent se mettre au service de la mission. ‘Humilité, espérance, communion, mission’… J’avais trouvé deux mots sur quatre avant qu’il les dise, communion et mission. En fait, mission je l’espérais beaucoup et il est venu. Humilité et espérance? Je ne suis pas surpris du tout. Humilité, parce que vraiment c’est une caractéristique de ce personnage. C’est un homme qui est donné, et les hommes qui sont donnés ne font rien pour eux, ils font tout pour le Christ. Mgr Nault, c’est vraiment un prêtre de cette dimension-là, il est sincèrement et profondément donné. Et puis espérance… Alors, j’ai été étonné qu’il ne cite pas une seule fois Benoît XVI qui a beaucoup parlé de l’espérance -et Mgr Nault est vraiment un fan de Benoît XVI, on peut le dire. Donc, de retrouver ce mot-là dans les quatre qu’il donne pour s’introduire dans ce diocèse, je trouve que c’est très fort et ça lui ressemble tellement.»

Rencontre avec deux servants de messe, sur place dès 11h. Paul 17 ans vient de La-Colle-sur-Loup, il est en classe de terminale à Antibes, à l’institution du Mont Saint Jean; Charles, cannois âgé de 16 ans, est en classe de seconde à Grasse. Il s’agissait pour eux de la première messe d’installation d’évêque qu’ils s’apprêtaient à servir.

Charles: «C’est un peu unique, ça n’arrive pas tous les jours. C’est impressionnant de voir autant de monde qui s’affaire pour préparer toute une église.»

Paul: «L’évêque, c’est une personnalité quand même importante dans tout notre diocèse. C’est impressionnant de voir tout ce monde pour une personne en particulier.»

Charles: «Je n’ai pas trop la pression. Il y a eu une petite réunion avec le cérémoniaire. Il nous a expliqué nos rôles pendant une demi-heure, trois-quarts d’heure.»

Paul: «C’est beaucoup d’émotion parce qu’on est à une place unique et on participe à toute l’élaboration de la messe. On a répété tout ce qu’on doit faire (…) L’évêque, il a la charge de tout le diocèse. Le précédent, je l’ai principalement vu aux camps que j’ai faits. Et aux messes chrismales où j’ai déjà servi, il venait nous remercier personnellement, ça fait plaisir.»

Charles: «Je trouve important d’avoir un évêque. Le nouvel évêque, je ne me sens pas proche de lui spécialement parce que je ne le connais pas trop. Mais c’est lui qui va nous diriger pendant les prochaines années, j’espère qu’il va le faire bien et que ça va apporter plein de choses au diocèse.»

Isabelle Gianton est relai paroissial de la communauté d’Èze, dans la paroisse Notre-Dame de l’Espérance, et conseillère municipale. Elle représentait le maire d’Èze, Stéphane Cherki.

«Pour moi, d’avoir cette double-casquette c’est quelque chose de très intéressant dans notre société aujourd’hui. Personnellement, parce que je suis avant tout baptisée; puis c’est faire rayonner l’Église et la défendre aussi sur le terrain, avec mes valeurs, en tant qu’élue. On accueille un nouvel évêque au même titre qu’on accueille peut-être un député ou un nouveau maire. C’est-à-dire que c’est un nouvel interlocuteur pour tous les citoyens, qu’ils soient chrétiens ou pas. C’est un nouveau responsable religieux dans notre diocèse. Et je pense, vu tout le protocole, qu’il a son rang dans l’Église et dans le monde.»

Revivez la messe d’installation

Message de remerciements et de conclusion de la célébration par Mgr Jean-Philippe Nault

Chers amis,

Il me revient de dire quelques mots à la fin de cette célébration. Je le fais avec joie.
Je voudrais déjà vous remercier, chacun et chacune en particulier, de votre prière, de votre présence et de votre amitié. Je demande au Seigneur de manifester à chacun et chacune sa proximité et sa bonté.

Mais auparavant permettez-moi de vous partager quatre mots qui résonnent en moi en ces jours, et sur lesquels j’aimerai méditer quelques instants avec vous.
Le premier mot est celui d’HUMILITÉ. Cela vient du mot humus, la terre, celle qui accueille et engendre la vie. L’humilité doit habiter toujours davantage notre cœur. L’histoire récente de notre Église et de la pauvreté de ses membres, je pense aux drames des abus, aux évènements terribles vécus en ces jours, tout doit nous inciter à vivre toujours davantage de l’humilité. L’humilité n’est ni le repli, ni la peur, mais au contraire l’ouverture à Dieu pour dépendre davantage de Lui. Plus nous sommes humbles, plus nous nous ouvrons à Dieu et plus Il pourra faire des merveilles en nous et à travers nous. Quelle est la première des vertus, demandait le curé d’Ars ? L’humilité. Et la deuxième: l’humilité. Et la troisième: l’humilité. Et il poursuivait: la chaîne est au chapelet ce que l’humilité est aux vertus. Enlevez la chaîne, il n’y a plus de chapelet. Enlevez l’humilité, les vertus tombent. L’humilité est la clé pour grandir dans l’intimité et l’amitié avec Dieu et pour vivre paisiblement entre nous. Oui, avec le Christ, par lui, laissons la vraie humilité envahir notre cœur pour nous tourner en vérité vers Dieu, guérir notre égo. Aidons-nous, je nous y invite, les uns les autres, à grandir sur ce point clé de la vie spirituelle, sociale et ecclésiale qui est source de la vraie joie et de la paix intérieure.

Le deuxième mot serait celui d’ESPÉRANCE. L’espérance n’est pas l’espoir. L’espoir, et c’est bien légitime, est ce que l’on construit ou rêve à partir de nos projets, de nos travaux, de nos ambitions, de nos désirs. L’espérance, elle, est donnée par Dieu. Libre à moi, libre à nous, d’y acquiescer ou non. L’espérance est ce qui me permet de vivre déjà aujourd’hui des réalités éternelles, d’être attiré par elles et de me laisser déplacer pour y être ajusté. L’espérance c’est l’horizon que je me donne en écho à la promesse jaillie du cœur de Dieu. C’est ce qui permet à mon regard de jauger ce que je vis aujourd’hui à partir de la vie éternelle pour laquelle nous sommes fait. L’espérance est ce qui donne sens à ce que je suis et donc à ce que je fais. L’eucharistie est le lieu privilégié où le ciel et la terre se rejoignent en Jésus, présent réellement sur l’autel, comme nous venons une nouvelle fois de le vivre ensemble maintenant. Dans un monde qui a souvent oublié Dieu et qui perd alors la perspective de l’éternité avec Lui, on comprend que la tentation de l’immédiat, de la consommation ou du seul bien-être, voire de la peur devant l’inconnu ou l’avenir, prennent le pas, ce qui peut être le cas aujourd’hui. Ayons donc l’ambition de la vie éternelle et vivons-en dès maintenant, avec joie, en Jésus-Christ qui seul donne sens à notre vie et peut nous combler.

Le troisième mot serait celui de COMMUNION. Vaste chantier, mais le Concile comme une boussole sûre nous montre la route. L’Église est communion avec, par et autour du Christ, nous dit-il. La communion est le fait de partager quelque chose en commun. Ce quelque chose est l’amour de Dieu en Jésus-Christ. Cela est vrai d’une façon toute particulière à chaque messe, cela est vrai en permanence pour nous chrétiens, mais c’est aussi exigeant car cela demande en permanence une vraie conversion, pour nous ajuster à Dieu lui-même, et pour pouvoir accueillir son amour, et ainsi grandir entre nous, dans une vraie charité. Demandons les uns pour les autres le souci de la vraie communion et la force de la faire grandir entre nous. Le contraire de la communion peut être la division, l’individualité extrême, l’orgueil, la médisance voire la critique. Que le Seigneur nous en guérisse. Oui, aidons-nous à grandir dans une vraie communion qui donne la joie. Qu’en nous voyant, chacun puisse dire: voyez comme ils s’aiment!

Le quatrième mot enfin que je voudrais partager ce soir avec vous est celui de MISSION. La mission c’est aussi ce qui caractérise notre vie chrétienne. Depuis notre baptême et notre confirmation, nous sommes tous missionnaires, tant par la cohérence de notre vie que par notre témoignage explicite ou non. Dans un monde qui se veut parfois loin de Dieu, ou qui l’est de facto, la mission ressurgit avec force comme une parole de liberté mais aussi libératrice. Jésus est le sauveur et nous, chrétiens du 06, nous devons en vivre mais aussi l’annoncer. Comment taire ce trésor ? Comment taire la joie de nous savoir infiniment aimés de Dieu. Ensemble, cela doit nous dynamiser et je découvre avec joie, comme cela a été rappelé tout à l’heure, ce que vous portez avec Mission Azur. Merci de cela et témoignons avec force, avec audace, de la joie de l’évangile.
Merci donc à vous tous qui êtes présents ce soir. Merci peut-être tout spécialement à ceux qui sont à l’extérieur. Durant la célébration, j’ai vu plusieurs fois les parapluies s’ouvrirent, merci à chacun et à chacune de votre patience. Merci de votre prière, merci de votre amour de l’Église. L’Église est bien ce peuple de Dieu appelé à la vie éternelle. Peuple que nous constituons aujourd’hui autour du Seigneur et qui se réjouit de se savoir ainsi aimé de Dieu.

Merci à Mgr Jean-Marc Aveline, notre archevêque, d’être venu aujourd’hui à Nice pour notre célébration. Merci à Mgr André Marceau pour tout ce qu’il a porté, suscité et accompagné ici, dans un contexte parfois difficile et douloureux, cela a été rappelé tout à l’heure, lié aux attentats ou terribles inondations. L’œuvre de Mgr Marceau dont j’hérite avec reconnaissance.
Merci à Mgr le nonce, représentant le Saint-Père en France, aux évêques de la Province de Marseille, à ceux venant de plus loin et tout spécialement à Mgr Dabiré du diocèse de Diébougou.
Merci aux prêtres. C’est avec joie que je travaillerai avec vous à la mission. Nous avons donné notre vie au Seigneur sans choisir notre mission. Que la fraternité entre nous, nous aide à accomplir la mission confiée et à la rendre plus féconde. Qu’en ce jour de prière pour les vocations, notre prière commune demande au Seigneur de saints prêtres pour notre diocèse et la joie de les accompagner tous dans ce ministère. Une pensée fraternelle pour le père Krzysztof Rudzinski qui se remet petit à petit de ses blessures reçues il y a maintenant quinze jours. Merci aussi aux diacres qui nous apprennent à servir davantage.

Merci à tous ceux qui ont préparé cette célébration depuis de nombreux jours en mettant en œuvre leurs multiples compétences et de belles générosités. Oui, merci de tout cœur à ceux qui ont chanté, accompagné, servi, guidé, organisé, accueilli, fleuri ou à ceux qui vont ranger ce soir. Que le Seigneur vienne bénir chacun et chacune. Merci aussi aux groupes traditionnels qui nous ont accompagnés pendant cette célébration et la procession des offrandes. Merci aux services de la Préfecture, de la ville de Nice, pour leur aide précieuse et efficace en ce jour. Merci aux représentants de l’État, aux élus, aux députés, à Mme la sénatrice, aux responsables administratifs ou militaires. L’Église souhaite, avec vous, travailler au bien commun et au respect de chaque personne.
Merci aux représentants des autres communautés chrétiennes, en ce temps pascal où nous célébrons la joie de la résurrection. Merci de leur présence aux représentants des autres religions.

Merci à ceux qui n’ont pu se déplacer, fatigués, malades ou pris par leur devoir d’État. La prière et l’offrande nous réunissent. Merci d’une façon toute particulière aux jeunes, aux familles présents ce soir. N’ayez pas peur de nous stimuler pour témoigner avec audace de notre foi et pour oser vivre pleinement l’évangile. Nous comptons sur vous. Merci à vous tous venus aujourd’hui, mes amis, ma famille, vous que je vais apprendre à connaître, pour qui je prie déjà avec joie et qui m’accueillez aujourd’hui. Merci de cela.

Un merci tout particulier au père Cyril Geley, vicaire général de Mgr André Marceau, pour son accueil et les conseils qu’il m’a donnés. Comme il me revient de nommer un nouveau vicaire général, c’est lui que je reconduis aujourd’hui dans ses fonctions. Qu’il en soit vivement remercié.

Que la Vierge Marie, mère de l’Église, nous garde et nous accompagne sur le chemin du ciel. Prions les uns pour les autres. Que la force de l’Esprit Saint nous habite toujours davantage.

Merci