Mgr Paul RÉMOND

évêque de Nice de 1930 à 1963

Paul Rémond, aîné de sept enfants, est issu d’une pieuse famille de la bourgeoisie jurassienne. Il obtient une licence ès Lettres, passe un an en Allemagne pour apprendre la langue et, en 1895, décide de devenir prêtre. Il effectue ses études au Séminaire français de Rome. Docteur en philosophie et en théologie, il est ordonné le 30 juillet 1899 à Besançon. De 1900 à 1906, il est vicaire à Belfort et adhère au Sillon. À partir de 1906, il est aumônier au lycée de Besançon et se fait connaître comme prédicateur exceptionnellement brillant. Sous-lieutenant de réserve, il est mobilisé le 2 août 1914, se conduit héroïquement et, couvert de décorations, commandant d’une compagnie de mitrailleuses, termine la guerre comme l’ecclésiastique le plus haut gradé de l’armée française. Après le conflit, le gouvernement crée une aumônerie générale de l’armée du Rhin pour faire mieux accepter l’occupation par les populations catholiques allemandes. Le chanoine Rémond, très introduit dans le monde militaire, germanophone, habile, correspond au profil recherché. Il est sacré évêque en 1921 et rejoint aussitôt son poste.

Mgr Rémond, doté d’une forte autorité naturelle, dynamique et sportif, bon et sensible, diplomate, excellent orateur, très cultivé, mondain et réputé pour son humour, réussit parfaitement dans sa mission. Il détend l’atmosphère avec les Allemands, amène le pape à approuver la politique religieuse de la France en Rhénanie, fournit au Quai d’Orsay des renseignements confidentiels sur la région. En 1926, il prend vigoureusement parti contre l’Action française et publie à ce sujet L’Heure d’obéir.En 1930, à la fin de l’Occupation, Mgr Rémond accepte le siège de Nice où il reste jusqu’à son décès. Républicain et patriote, lié aux autorités civiles, il est un évêque typique du second ralliement. Il organise des fêtes religieuses triomphalistes qui attirent des dizaines de milliers de personnes. Il développe l’Action catholique, le syndicalisme, la formation du clergé. Il prépare le congrès eucharistique international qui aurait dû avoir lieu à Nice en 1940. Angoissé par la crise des années 1930 et la poussée des dictatures, il condamne l’antisémitisme nazi dès avril 1933. En 1939-1940, le gouvernement l’envoie en mission secrète à Madrid pour convaincre Franco de ne pas s’engager dans la guerre et le charge ensuite de parler à la radio pour entretenir la confiance des Français. Traumatisé par la défaite de 1940, Mgr Rémond se rallie à Pétain et participe à toutes les cérémonies officielles du nouveau régime. Mais, choqué par les occupations italienne et allemande, par la collaboration et l’antisémitisme d’État, il glisse vers le soutien à la Résistance. Il encourage les prêtres à s’engager. Avec un ami juif, nommé inspecteur de l’enseignement catholique, il installe à l’évêché un réseau qui cache et sauve 527 enfants israélites. Sommé par les Allemands de prononcer l’éloge funèbre de Philippe Henriot le 1er juillet 1944, il tient des propos humanistes et ne nomme pas le défunt. Il refuse de condamner les bombardements alliés. Cette attitude lui vaut une immense popularité à la Libération. Il lance alors un journal démocrate-chrétien, La Liberté. Il critique le communisme et le capitalisme. Il soutient l’expérience des prêtres ouvriers et des bandes de quartier mais, sur ordre de Rome, arrête brutalement ces initiatives, ce qui lui vaut l’hostilité des jeunes prêtres engagés. Affaibli par l’âge, l’autoritaire archevêque-évêque n’accueille pas favorablement son coadjuteur nommé en 1962, Mgr Mouisset. Ses obsèques, le 27 avril 1963, dans le centre de Nice, donnent lieu à une cérémonie grandiose qui rend manifeste la popularité et le prestige de l’évêque disparu.

Extraits de la notice du Dictionnaire des évêques de France au XXe siècle, sous la direction de Dominique-Marie DAUZET et Frédéric LE MOIGNE, Cerf, Paris, 2010 et de l’ouvrage Le diocèse de Nice, histoire et identités d’une terre de contrastes, sous la direction de Gilles BOUIS, Éditions du Signe, Strasbourg, 2015.

Ralph SCHOR

Devise : Sicut bonus miles Christi
« Être un bon soldat de Dieu »

Cri : En nom Dieu

D’azur à l’épée posée en pal, accostée de deux étoiles, l’une à dextre, l’autre à senestre, le tout d’or.

2017-10-16T14:39:45+00:00
a749f7ce154649bdc2a5bbc5cb234582WW