Ordination presbytérale de Gabriel Bolango Etafe

Tout le diocèse a rendez-vous à la cathédrale Sainte-Réparate, dans le Vieux Nice, dimanche 24 juin à 16h30. Mgr André Marceau ordonnera prêtre pour le diocèse de Nice Gabriel Bolango Etafe.

À 38 ans, Gabriel Bolango Etafe va être ordonné prêtre pour le diocèse de Nice par Mgr André Marceau dimanche 24 juin à 16h30 en la cathédrale Sainte Réparate, dans le Vieux Nice. Denis Jaubert l’a rencontré pour nous.

Je suis originaire de la République démocratique du Congo. Je suis né dans la province de l’équateur, là où les missionnaires lazaristes œuvrent, le 9 novembre 1979. Quatrième enfant d’une famille de huit, j’ai grandi dans une famille catholique pratiquante. Ma vocation est née chez les lazaristes, à l’âge de 17 ans. J’ai fait deux ans de noviciat sur place au séminaire avant de rejoindre la capitale pour continuer mon cheminement jusqu’à la veille de mon ordination diaconale. Je me suis ensuite orienté vers Rome pour poursuivre mes études.

Comment parlez-vous de votre choix de vie ?
Dès mon enfance, j’ai voulu devenir prêtre. Je ne regrette pas ce choix. C’est ce que j’explique aux jeunes aujourd’hui, ceux que j’accompagne à la paroisse Saint Pierre de l’Ariane. Je parle de ce qui me motive, ma vocation et peut-être que certains jeunes viendront nous rejoindre. L’Église a besoin de pasteurs pour continuer l’œuvre du Christ. Si certains s’étonnent et d’autres m’admirent, les personnes que je croise m’encouragent dans ce chemin.
Mon parcours fut long. J’ai été lazariste en République démocratique du Congo. J’ai commencé par le noviciat, puis une formation en philosophie et une autre en théologie, un stage, ce qui représente une dizaine d’années. J’étais attiré avant tout par le service des pauvres. Après je suis allé à Rome, avant d’arriver ici à Nice en février 2016. J’y ai été ordonné diacre en vue du sacerdoce le 11 novembre 2017. Mon parcours a pris du temps, le Seigneur en a voulu ainsi.

Y a-t-il des lieux ou des rencontres qui furent propices à l’épanouissement de votre vocation ?
Enfant, je participais à la chorale des petits chanteurs. Nous animions la messe en chants grégoriens et c’était très porteur. De même, j’ai fait toute ma scolarité en école catholique. Quand j’ai obtenu mon bac, j’y ai donné à mon tour des cours. Je faisais aussi la catéchèse pour les enfants qui se préparaient à la première communion. Trois endroits, en plus du foyer familial, où ma foi a grandi. Mes parents furent les premiers informés de mon choix et m’ont toujours soutenu et encouragé.

Vous êtes aussi passé par le séminaire d’Aix-en-Provence…
Je suis content de cette année de formation. Elle se termine ces jours-ci. Tout s’est bien passé. Les formateurs m’ont bien aidé et c’est tout cet ensemble qui me permet aujourd’hui d’être admis dans le diocèse de Nice. La vie cléricale n’a pas de limite. On peut toujours apprendre et revoir d’autres éléments, telle une formation continue. Pour ma part, j’apprécie les disciplines des sacrements et de la pastorale. J’ai découvert aussi des choses plus spécifiques à l’Europe ou des questions d’actualité.

Qu’avez-vous découvert en insertion pastorale à Saint-Pierre de l’Ariane ?
Dans les deux communautés locales de la paroisse, Bon-Voyage et l’Ariane, il y a beaucoup de Cap Verdiens, une réalité qui nécessite la présence d’un accompagnement spécifique. Je me suis aussi rendu compte de tout le travail accompli par le curé qui est seul prêtre sur la paroisse ! La présence des sœurs est très importante sur la paroisse.
Depuis mon ordination diaconale, le regard des chrétiens sur moi a changé. Ils me considèrent comme un pasteur. En mon for intérieur, je ressens plus la responsabilité et la lourde charge qui m’attend, ce qui me pousse à prendre les choses au sérieux. En devenant diacre, j’ai compris que le ministère change la personne.

Dans quel état d’esprit êtes-vous à l’approche de votre ordination presbytérale ?
Je suis très content, en joie. Et en même temps, je me demande : moi, Gabriel, qui suis-je aujourd’hui pour que le Seigneur m’appelle à devenir prêtre et assumer cette lourde responsabilité ? Il m’a appelé, il a une mission à me confier et ne me laissera pas, il sera toujours à côté de moi. J’ai conscience que ce ministère est une lourde charge. Ce n’est pas facile de conduire les gens.
Je suis accompagné par le père Patrick Bruzzone, curé de la paroisse où je suis en insertion. Il a permis que l’on me connaisse et m’accepte dans le diocèse de Nice. Mais je suis aussi entouré par les chrétiens, qui m’ont bien accueilli, à cœur ouvert. Je travaille aussi en collaboration avec les Filles du Saint Cœur de Marie, sœurs sénégalaises. Beaucoup d’autres personnes dans le diocèse, comme le vicaire général, ne cessent de m’entourer et de m’encourager. Notre évêque encourage les jeunes et prend soin de ses prêtres tout en les motivant. Je me sens entouré et aimé, sinon je ne pourrais pas être là. Aujourd’hui je suis à l’aise dans mon diocèse de Nice.
Ma plus grande joie aujourd’hui est de devenir prêtre ! Cela se voit sur mon visage. J’attends cette ordination impatiemment.

Quel passage de la Parole de Dieu aimez-vous particulièrement ?
J’aime particulièrement le texte de Saint Paul : l’hymne à la charité (1 Co 13, 1-13). La mission de l’Église est de pratiquer la charité comme le Christ lui-même l’a dit. La mission du prêtre est avant tout d’aimer.

Première lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens

J’aurais beau parler toutes les langues des hommes et des anges, si je n’ai pas la charité, s’il me manque l’amour, je ne suis qu’un cuivre qui résonne, une cymbale retentissante. J’aurais beau être prophète, avoir toute la science des mystères et toute la connaissance de Dieu, j’aurais beau avoir toute la foi jusqu’à transporter les montagnes, s’il me manque l’amour, je ne suis rien. J’aurais beau distribuer toute ma fortune aux affamés, j’aurais beau me faire brûler vif, s’il me manque l’amour, cela ne me sert à rien.
L’amour prend patience ; l’amour rend service ; l’amour ne jalouse pas ; il ne se vante pas, ne se gonfle pas d’orgueil ; il ne fait rien d’inconvenant ; il ne cherche pas son intérêt ; il ne s’emporte pas ; il n’entretient pas de rancune ; il ne se réjouit pas de ce qui est injuste, mais il trouve sa joie dans ce qui est vrai ; il supporte tout, il fait confiance en tout, il espère tout, il endure tout.
L’amour ne passera jamais. Les prophéties seront dépassées, le don des langues cessera, la connaissance actuelle sera dépassée. En effet, notre connaissance est partielle, nos prophéties sont partielles. Quand viendra l’achèvement, ce qui est partiel sera dépassé. Quand j’étais petit enfant, je parlais comme un enfant, je pensais comme un enfant, je raisonnais comme un enfant. Maintenant que je suis un homme, j’ai dépassé ce qui était propre à l’enfant. Nous voyons actuellement de manière confuse, comme dans un miroir ; ce jour-là, nous verrons face à face. Actuellement, ma connaissance est partielle ; ce jour-là, je connaîtrai parfaitement, comme j’ai été connu. Ce qui demeure aujourd’hui, c’est la foi, l’espérance et la charité ; mais la plus grande des trois, c’est la charité.

La célébration d’ordination sera retransmise en direct sur RCF Nice Côte d’Azur.

2018-06-14T14:25:12+00:00
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