Le père Alfonso Bartolotta, omi à Nice, nous partage une réflexion pour le dimanche 18 octobre, journée mondiale des missions.

© Alfonso Bartolotta – France 2020

Ce dimanche est la Journée Mondiale des Missions. Les textes de la liturgie nous rappellent l’importance que nous avons aux yeux de Dieu et le rôle que nous avons aux yeux des autres. «Je t’ai appelé par ton nom, je t’ai donné un titre. Je suis le Seigneur, il n’en est pas d’autre. Je t’ai rendu puissant, alors que tu ne me connaissais pas.» (Is 45, 1.4-6).

Le don de la vie et celui de la foi, que nous avons reçus, nous font devenir enfants de Dieu et membres de l’Église universelle. «En vertu du baptême reçu, chaque membre du Peuple de Dieu est devenu disciple missionnaire. Chaque baptisé, quelle que soit sa fonction dans l’Église et le niveau d’instruction de sa foi, est un sujet actif de l’évangélisation. Tout chrétien est missionnaire dans la mesure où il a rencontré l’amour de Dieu en Jésus Christ ; nous ne disons plus que nous sommes ‘disciples’ et ‘missionnaires’, mais toujours que nous sommes ‘disciples-missionnaires’» (EG 120).

Il s’agit «d’aller vers» et de «sortir de» car «sortir de soi-même, pour s’unir aux autres, fait du bien» (EG 87). Avec joie, ensemble, osons annoncer l’amour de Dieu, «raconter à tous les peuples sa gloire, à toutes les nations ses merveilles !», osons «Aller dire aux nations : ‘Le Seigneur est roi !’» (Ps 95).

Les paroles de saint Paul nous exhortent encore aujourd’hui : «Sans cesse, nous nous souvenons que votre foi est active, que votre charité se donne de la peine, que votre espérance tient bon en notre Seigneur Jésus Christ.» (1Th 1,1-5).

L’évangile, par contre, nous décrit la complicité des pharisiens et des partisans d’Hérode qui essayent de discréditer Jésus et de lui tendre un piège, autrement dit, qui cherchent comment le coincer ! (Mt 22, 15-21).

Ils font l’éloge, tout d’abord, de sa franchise «tu es toujours vrai et tu enseignes le chemin de Dieu en vérité», et puis, de sa rectitude et de son intégrité sans jamais se plier aux compromis : «tu ne te laisses influencer par personne, car ce n’est pas selon l’apparence que tu considères les gens.» Mais aussitôt –par le biais d’une question tendancieuse– leur langage flatteur initial vire progressivement vers un complot contre Jésus. «Alors, donne-nous ton avis : est-il permis, oui ou non, de payer l’impôt à César, l’empereur ?» Bref, de quel côté es-tu au juste ? Il faut que tu parles et, surtout, que tu choisisses.

Suite à cette question si ambiguë, Jésus, déjouant cet énième piège, ne répond ni oui ni non, mais simplement : «Rendez à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu.» Je trouve intéressante, sur ce point-là, la réflexion originale de Gabriel Ringlet : «Retour de la monnaie à l’expéditeur : ‘Rendez donc à César…’ Voilà les piégeurs piégés. Depuis lors, nous avons aménagé le territoire : la semaine à César, le dimanche à Dieu. Alors que Jésus, lui, ne sépare pas. Il ne confond pas non plus : à César ET à Dieu. La mystique et la politique. Pour Jésus, le spirituel est au cœur du temporel.»

En tant que citoyens, face au César-État-d’aujourd’hui, ne revendiquons pas seulement nos nombreux droits, mais faisons tous des efforts et accomplissons aussi nos nombreux devoirs. S’ajuster aux lois : être et vivre dans la transparence.

En tant que chrétiens, face au Dieu-d’hier-d’aujourd’hui-et-de-demain, souvenons-nous des paroles de la Genèse : «Faisons l’homme à notre image, selon notre ressemblance. Dieu créa l’homme à son image, à l’image de Dieu il le créa, il les créa homme et femme.» (Gn 1, 26-27). Tout être humain – homme et femme – est une unique et merveilleuse icône de Dieu. S’ajuster à la Loi : être et vivre dans la cohérence.

Dans la monnaie-de-notre-propre-existence est gravée à jamais l’image de l’Amour de Dieu. Toute vie humaine est précieuse à ses yeux et porteuse d’une valeur inestimable pour nos frères et nos sœurs en humanité. Nous sommes à Lui, nous devons ‘nous rendre à Dieu’, et donc retourner à Lui à jamais, car nous lui appartenons depuis toujours. Témoignons de notre foi et soyons un reflet de l’infinie bonté de Dieu.
Ensemble, osons la mission ! Avec cohérence et dans la transparence !

p. Alfonso Bartolotta omi
alfonsobartolotta@omimissio.net