Pèlerinage tout terrain

La deuxième édition roule sa bosse. Philomène, Victoire, Manu, Gauthier, Raph’, Laurent et Luc, Xavier, Théo… Autant de prénoms que de volontés de s’engager pour ces bénévoles au service du pèlerinage tout terrain. Pour cette deuxième édition, départ de Cotignac (Var) pour s’élancer à vélo en direction de l’abbaye Notre-Dame de Ganagobie (Alpes de Haute Provence), du 15 au 22 juillet. Une organisation bien rodée, au profit d’une cinquantaine de collégiens qui ont vécu un pélé… pas comme les autres !

Reportage 24 heures
Pèlerin à VTT ? Quelle drôle d’idée !

« Il est 7 heures, réveil ! » entonne Emmanuelle, animatrice du PTT. Depuis le sanctuaire de Cotignac, les pèlerins sont encore endormis, fatigués après avoir fêté la victoire de la France à la coupe du monde de football. « Si je ne leur montrais pas la finale alors que la France jouait, je crois que j’aurais été détesté » confie l’abbé Luc Denoyer, directeur du camp.
Dans les tentes, disposées autour du sanctuaire, on s’agite et on se prépare. « Tout le monde en tenue de VTT, départ dans une heure. » Le temps de la toilette et du petit déjeuner avant un rassemblement. Pas le temps de trainer au lit, il ne faut pas être en retard, les pèlerins sont attendus à Barjols pour le déjeuner.
Si la motivation est bien présente, la pluie et l’orage font eux aussi leur arrivée. Au briefing de départ, l’abbé Luc et Raphaël, directeur adjoint du camp, donnent leurs dernières directives. « On change le lieu de repas, rendez-vous après Barjols, on pourra s’abriter. » Et c’est sous un ciel menaçant que les cinquante pèlerins s’élancent en équipe.

Très vite, les radios crépitent : « GG Vélo, nous avons une crevaison ici, on peut avoir une assistance ? » Les équipes sont appuyées par une structure logistique importante qui comprend la préparation du parcours, l’infirmerie, la mécanique, l’intendance et bien d’autres… Alors, au volant de sa voiture, Jean-Marc fonce réparer les pannes de vélos tandis qu’Anne, l’infirmière, s’occupe des bobos du parcours.

Au milieu des lavandes, Reva, animatrice d’équipe, motive ses troupes. « Pas question de perdre trop de temps. Entre les nombreux soucis auxquels on a été confrontés, il faut rattraper le retard. Entre un problème de guidon, de pédale, on essaie de gérer comme on peut ! » Derrière elle et Vincent, neuf collégiens dans l’équipe qui pédalent. « Le côté agréable, c’est que la route était magnifique ! En pleine campagne, c’est le top. Le côté négatif, c’est qu’il faut réussir à les calmer pendant les temps spirituels. Mais on fait avec. »

Midi arrive alors et sonne enfin l’heure du repas bien mérité pour les athlètes qui ne cachent par leur joie à l’image de Pier : « Le déjeuner ? Je crois que c’est le moment que je préfère ! » Le jeune pèlerin, âgé de tout juste 11 ans, profite de chaque instant. « Je voulais déjà venir l’an dernier mais je n’avais pas l’âge. Alors cette année, je ne risquais pas de le rater ce PTT ! »

Mais côté météo, rien ne s’arrange et les premiers éclairs tonnent dans le ciel. « Bon les gars, on part à proximité d’un tunnel, on se rejoint tous là-bas, et on fait le point ! » explique sévèrement l’abbé Luc. Il ne faudra que trente minutes pour rejoindre le deuxième point qui sera le dernier de la journée. Il tombe dru. « GG animateur pour tous, on s’arrête à l’abri. Les camions vont venir vous chercher », signe d’une organisation prête à tous les rebondissements. Côté animations, pas de quoi entamer leur moral. Pendant que les navettes ramènent les collégiens dans une salle municipale pour la nuit, les jeux s’enchaînent. « Il faut improviser. Le bivouac n’était pas possible ce soir avec l’orage et la pluie, alors on avait prévu un plan B pour dormir au sec » raconte Raphaël. « Nous n’avons pas le droit à l’improvisation ! »

Du côté des staffs, on s’active. Tout doit être prêt pour que les pèlerins puissent se restaurer en arrivant dans la salle. Chocolat chaud, gâteaux, et grands jeux au programme. En bref, pas de soucis, que des solutions.

Alors, après les vingt-deux kilomètres de cette première journée, les yeux se ferment au son des chants de la veillée, organisée par les lycéens du staff. « Vite, vite au lit pour pédaler demain ! »

Baptiste Berard

2018-07-24T13:57:32+00:00
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