Que fête-t-on à Noël ?

Les rues s’illuminent, se parent d’étoiles et de guirlandes. On parle cadeaux, bûches et sapins. Pas de doute, la fête de Noël approche. Mais que fête-t-on à Noël ? Nous avons posé la question à l’Abbé Jean-Paul Filippi, curé de la paroisse du Bon Pasteur et responsable de la Pastorale liturgique et sacramentelle du diocèse.

Même les incroyants savent que, à Noël, on fête la naissance de Jésus. Ces mots de noël ou nativité font immédiatement penser à une naissance. Pour les chrétiens, cette naissance n’est pas ordinaire car il s’agit de la naissance du Sauveur. « Tu lui donneras le nom de Jésus », dit l’ange Gabriel à Joseph lors de sa visite nocturne. Ce nom de Jésus signifie Le-Seigneur-sauve car « c’est lui, ajoute Gabriel, qui sauvera son peuple de tous ses péchés » (cf. Mt 1, 21). C’est pour cette raison que la naissance de Jésus n’est pas ordinaire et qu’elle est chère au cœur des chrétiens qui la célèbrent depuis le IVe siècle. Pâques demeure le sommet de l’année liturgique, la fête chrétienne la plus importante puisque tout découle de Pâques et converge vers Pâques. Mais, très tôt, l’Église a voulu célébrer la Nativité de Jésus. Une volonté de marquer le mystère de l’Incarnation : ce Jésus qui est mort et ressuscité, le Fils de Dieu, est bien celui qui est le fils de Marie, né dans une étable de Bethléem. Autrement dit, Jésus qui est Dieu est aussi Homme.

En l’an 354, le pape saint Libère (352-366) institue la fête liturgique de Noël. Il choisit la nuit du 24 au 25 décembre parce qu’on y célébrait la fête païenne de la naissance du soleil. Cette christianisation de la fête montre le souci des chrétiens de montrer Jésus comme étant le vrai « Soleil de Justice » selon l’expression du prophète Malachie (cf. Ml 3, 20). Aujourd’hui, c’est plutôt la fête chrétienne de Noël qui est progressivement redevenue païenne dans le cœur de beaucoup qui ne célèbrent pas la naissance du Sauveur, mais un jour particulier donnant l’occasion de faire la fête pendant plusieurs jours. Une fête commerciale, certes, qui garde heureusement un caractère familial. Ceux qui choisissent de marquer Noël par leur présence à la messe de la Nuit ont au moins cette célébration à l’église pour entendre que la Nativité de Jésus est davantage que la naissance d’un enfant, il y a deux mille ans ; c’est la naissance d’un Divin-Enfant qui peut révolutionner le cœur des hommes si ceux-ci le laissent entrer. Jésus vient éclairer nos vies et les sauver de tout ce qui nous sépare du Dieu d’Amour qui l’envoie sur la terre « pour ouvrir les yeux des hommes qui vont dans la nuit » selon les mots du cantique de Didier Rimaud (cf. Aujourd’hui, dans notre monde FP 147).

Le mystère de la vie est grand et personne ne peut le percer. Fêter Noël, c’est justement permettre à l’Auteur de la Vie de venir en nous pour nous apprendre à percer ce mystère. Lui-même, Dieu Créateur, a voulu devenir homme pour nous le révéler. En regardant la crèche, dans nos églises, dans nos maisons, dans les lieux publics -ce qui pose des problèmes à certains qui renient notre culture chrétienne-, nous regardons ce qu’il y a de plus fragile et en même temps ce qu’il y a de plus beau au monde pour comprendre le mystère de la vie : la naissance d’un enfant au milieu d’un père et d’une mère. Le Divin-Enfant nous donne la lumière nécessaire pour entrer dans ce mystère si nous nous laissons toucher par autre chose que le folklore qui entoure la fête de Noël et qui n’est pas l’essentiel. Si Noël ne change pas quelque chose dans notre cœur, chaque année, c’est que nous passons justement à côté de l’essentiel. Marie et Joseph ont ouvert leur maison intérieure à Jésus ; et, par eux, Dieu a pu venir chez nous. Comme le dit saint Jean : « À tous ceux qui l’ont reçu, il a donné de pouvoir devenir enfants de Dieu, eux qui croient en son nom » (cf. Jn 1, 12).

Seigneur Jésus, tu viens transformer ma vie : ai-je le désir d’être transformé ? Que ta crèche rejoigne le plus profond de mon âme, et Toi, le Sauveur, tu naitras alors en moi pour que je puisse vraiment mourir et ressusciter avec Toi. Par l’intercession de la Sainte Famille, fais que je répande la lumière de Noël autour de moi comme une bonne nouvelle pour contaminer les autres de ta Joie et de ta Paix que tu me donnes à offrir. Amen.

2017-02-14T12:12:08+00:00
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