Rencontre avec le père Régis Peillon, aumônier national des étudiants

Pendant la semaine du pèlerinage diocésain à Lourdes début juillet, le père Régis Peillon était également présent. L’occasion qu’il nous explique sa mission actuelle en responsabilité au niveau national.

Père Régis Peillon, vous êtes prêtre du diocèse de Nice, en responsabilité au niveau national depuis septembre 2017. Vous êtes aumônier national des étudiants et pourtant vous êtes présent à Lourdes cette semaine avec le pèlerinage diocésain. Expliquez-nous.
À la Conférence des évêques de France, j’appartiens au service national pour l’évangélisation des jeunes et des vocations. Il anime entre autre le pavillon des vocations à Lourdes. Nous sommes ici des volontaires pour accueillir des groupes qui viennent parler des vocations en général, à la vie, à la sainteté, vocation au baptême, au mariage, à la vie religieuse, vocation comme prêtre. C’est pour cela que je suis à Lourdes en même temps que le pèlerinage de Nice.

Au pavillon des vocations, recevez-vous principalement des groupes de jeunes ?
Ce sont des groupes de jeunes qui passent avec leur aumônier ou responsable, plutôt des collégiens et des adolescents, qui viennent avoir des témoignages, un échange, à partir de jeux, vidéos ou questionnaire. Ce sont des jeunes qui viennent à Lourdes dans le cadre de camps ou de l’hospitalité.

Au niveau national, en quoi consiste votre mission ?
Je suis un coordinateur des différentes aumôneries et groupes d’étudiants qui existent en France. Chaque groupe s’organise en propre dans son diocèse, puis au niveau national, il y a le réseau Ecclesia Campus. Il met en relation tous les étudiants. Une de mes missions est de coordonner ce réseau, partager les bonnes pratiques vécues dans les aumôneries et les mettre en contact quand elles ont les mêmes initiatives : foyer étudiant, bar catholique, chorale missionnaire…
Une autre de mes missions est de former les aumôniers d’étudiants qu’ils soient nouveaux ou lors des assises, tout comme de former les jeunes en responsabilité. Nous travaillons toujours en coresponsabilité avec les étudiants. Ils sont acteurs, capables de porter et organiser les projets.
Je participe aussi à l’organisation des grands rassemblements nationaux. Nous venons d’avoir le grand rassemblement Ecclesia Campus qui a lui tous les trois ans.
Je suis également aumônier des chrétiens en grandes écoles. Une de mes missions est d’organiser ce réseau et la rencontre nationale qui a lieu chaque année. En 2018, elle se déroule à Cergy-Pontoise.
Je visite aussi les aumôneries, je me déplace et vois ce qui s’y fait. Je dois pouvoir conseiller et être à l’écoute de leurs besoins, tout en ayant en tête quelques axes pastoureaux majeurs de la pédagogie. Dans le développement d’un étudiant, dans son humanité et sa foi, qu’elles sont les étapes importantes et quelles questions se poser aujourd’hui ? Trouver des conseils pour interpeler ou soutenir.
Membre du service national pour l’évangélisation des jeunes et des vocations, je suis dans l’équipe pour la préparation des prochaines Journées Mondiales de la Jeunesse au Panama en janvier 2019, et aussi un peu pour le synode des évêques sur les jeunes qui aura lieu en octobre prochain.

Père Régis Peillon, vous avez des missions très variées. Pouvez-vous dresser un constat global des aumôneries étudiantes en France ?
Le premier constat est qu’il y a une belle dynamique. Nos avons depuis peut-être 10 ans une dynamique ascendante, des lieux où les aumôneries se développent, les groupes sont croissants. Avec une dynamique de qualité de la part de l’engagement des étudiants. Souvent, cela repose sur une équipe prêtres-laïcs-religieux(ses), d’une volonté diocésaine d’avoir un pôle étudiant fort, et d’étudiants motivés. On s’appuie sur leurs forces, créativités et désirs.
Ce n’est pas uniquement toujours en région parisienne, ni dans les grandes villes. Certes, il y en a où de belles choses se passent comme Toulouse ou Grenoble, mais je pense aussi à Brest, Compiègne, Camp, Amiens, Angers… Des villes où se vie une belle dynamique et où il y a un écho dans le reste du diocèse. Il est beau de voir que lorsque l’on mise sur les jeunes au départ, c’est toutes les autres communautés qui en profitent par la suite. Il faut du temps, de la maturité. Une fois que c’est le cas, l’aumônerie est assez solide pour donner de l’aide par ailleurs : animer des messes en prison, en paroisse, une mission d’évangélisation… Il faut respecter le temps que cela demande mais on voit de belles fécondités.

Personnellement, qu’est ce que cette mission vous apporte ?
Sortir de ma zone de confort ! Ce ne fut pas une mission facile à accepter car elle demande de l’organisation, du rédactionnel. On se situe autrement, c’est-à-dire que je ne suis pas dans un lien hiérarchique mais de coordination. Ce qui est très beau pour moi est de voir ce qui se fait ailleurs, d’autres initiatives, sortir du Sud de la France et pouvoir adapter des initiatives pour continuer à évangéliser les jeunes.
L’expérience est très formatrice car nous avons d’autres manières de travailler, plus en relation et donc à l’écoute des autres. De plus, la vision nationale est complexe, il y a des enjeux et on travaille vraiment en équipes pour avoir une pluralité de points de vue pour appréhender cette complexité.
La prière compte beaucoup car il faut discerner ce qui est possible ou pas et parmi tous ces possibles, qu’est ce qui est juste et bon ? J’ai mis du temps cette année à voir quel était vraiment ma mission, ma marge de manœuvre, mon champ de compétences et qu’est ce qui est faisable. C’est important de porter tout cela dans la prière en équipe, reconnaître quels sont les appels que l’on peut avoir et discerner quels choix faire. Le pape nous encourage à ce discernement. Face à la complexité, on ne peut pas l’affronter seul, il y a besoin d’une aide surnaturelle qu’il faut savoir écouter et qui passe aussi par le regard des autres.

En septembre prochain, le père Laurent Isnard prend la mission d’aumônier des étudiants. Quels conseils lui donneriez-vous ?
Je lui conseille de s’appuyer sur les étudiants et je crois que c’est bien son intention. De faire avec eux, quels sont leurs intuitions, désirs et attentes. Il est important d’avoir une équipe. Et de ne pas avoir peur d’être audacieux. Nous devons aller vers les jeunes, à leur contact, selon leurs codes, en passant par le sport, la musique, d’autres formes de proximité.
Les jeunes attendent énormément que l’on passe du temps avec eux. Cela ressort des contributions pour le synode des jeunes. Tous souhaitent que l’on prenne du temps avec eux et qu’on arrête d’être là juste pour célébrer une messe. C’est l’essentiel, si on prend les jeunes au sérieux, on donne de notre temps. Je suis sur que le père Laurent le fera.
Bien sûr, qu’il soit aussi, avec son équipe, à l’écoute des inspirations de l’Esprit Saint, là où ils en sont, dans une continuité mais aussi avec un renouveau, et de persévérer.

Propos recueillis par Mélanie Raynal

2018-07-12T16:20:10+00:00
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