Le réseau Welcome dans les Alpes-Maritimes

12 novembre 2016, belle journée d’automne au Foyer de Charité de Roquefort-les-Pins : douceur de la lumière, de la température, et chaleur des échanges lors de la rencontre des familles d’accueil et des demandeurs d’asile dans le cadre du programme Welcome porté dans notre diocèse par la Pastorale des migrants. Environ 35 personnes présentes. La joie de se retrouver avec notre évêque Monseigneur Marceau et la joie de rencontrer les autres familles engagées dans la même aventure !

Après une rapide présentation du bilan : 36 familles d’accueil, 3 communautés, 21 demandeurs d’asile accueillis pour des périodes de 3 semaines à 11 mois depuis novembre 2015 et un mot de notre évêque, il s’agissait surtout d’engager un échange sur l’expérience vécue à travers 3 questions :
Comment cet accueil a une incidence sur ma foi, ma vie avec Jésus-Christ ?
Comment cet accueil est un témoignage pour mon entourage ?
Quelle fécondité éventuelle au niveau paroissial ?

Cette réflexion a été introduite par une méditation sur 3 textes bibliques :

L’hospitalité de Abraham (Gen 18, 1-8)
« Mon Seigneur, si j’ai pu trouver grâce à tes yeux, ne passe pas sans t’arrêter près de ton serviteur. » Qui accueillons-nous quand nous accueillons un étranger ? Comment se manifeste l’empressement à accueillir aujourd’hui ?

Élie chez la veuve de Sarepta (1Roi 17,10-16 ; 24)
« N’aie pas peur, va, fais ce que tu as dit. » Peur de manquer et abandon à la Providence : Quelles sont nos peurs ? « Ta parole est véridique » : l’accueil permet-il d’approcher d’une vérité que nous cherchons ?

La parabole du bon Samaritain (Luc 10, 25-37)
« Prends soin de lui ». Le blessé que l’on confie à d’autres après avoir pris soin de lui. Nous n’agissons pas seuls, nous passons le relais. Reprise de forces avant d’aller plus loin.

Le partage en groupes fut très riche. Voici un aperçu de nos réflexions :

Nos peurs
Elles sont indéniables et l’ambiance générale dans notre pays ne fait que renforcer ces peurs. Entre la peur d’ouvrir sa maison, particulièrement quand on a des enfants, la peur du regard des autres, familles, voisins, relations, pour qui l’étranger est une menace, la question de la confiance à accorder à un inconnu, la crainte par rapport à la religion de l’autre, les raisons de ne pas ouvrir sa porte sont multiples et compréhensibles. Mais tous soulignent que le fait de ne pas être seul dans cette démarche, d’être accompagné, qu’il y ait un cadre bien établi et de savoir que d’autres ont franchi le pas, fait sauter les verrous de la peur.

La rencontre
Pour contrecarrer la peur, il faut connaître et rencontrer. La rencontre fait reculer la peur, elle fait sortir des stéréotypes anxiogènes. Elle met l’autre à sa vraie place, celle d’un être humain qui nous ressemble fortement, qui a lui aussi ses craintes, ses préjugés, ses faiblesse, mais qui est un homme debout malgré ce qu’il a subi.

Les fruits
Au-delà du changement dans le regard sur l’étranger, il s’opère pour beaucoup un changement dans le vécu de la foi qui devient plus concrète : passage du concept à la simplicité du vécu. Devenir acteur redonne sens, c’est aussi un chemin de conversion. C’est l’Évangile vécu.
La justesse et le courage des personnes accueillies nous évangélisent. Notre foi évolue à leur contact. Avec notre accueilli, nous avons découvert un visage de l’Islam ouvert, chaleureux. L’accueil est un cadeau fait à nos enfants. Ce qu’ils vivent dans la rencontre est une véritable expérience pédagogique, une ouverture sur le monde.
Mais les accueillis témoignent aussi : l’un qui témoigne dans sa communauté musulmane en parlant positivement des chrétiens ; l’autre, musulman aussi, qui, quand il a entendu notre partage autour des versets bibliques, a compris la source de cette générosité ; et ce catholique africain qui avoue que l’accueil reçu a renouvelé sa foi !

Les paroisses
Ce point n’a pas été particulièrement évoqué lors de nos échanges. Cependant on peut constater que certains doyens et curés de paroisse ont soutenu le démarrage de Welcome et cela fut très positif. La mobilisation de 2 ou 3 personnes dans une paroisse peut permettre de trouver 3 ou 4 familles pouvant s’engager dans un premier accueil. Ce que nous avons échangé le 12 novembre montre la fécondité de cet engagement et l’ouverture qu’il permet. Un beau programme pour les paroisses… et les paroissiens !

Et Welcome dans tout cela ?
Welcome est le cadre structurant de cet accueil. Un accueil limité dans le temps (4 à 6 semaines), des familles qui se relaient, un tuteur qui accompagne accueillants et accueillis et veille à ce que tout se passe bien. Une charte d’accueil claire et précise, une convention signée par les familles et le demandeur d’asile à chaque fois. Un réseau de bénévoles qui s’engagent pour des repas, des sorties, des week-ends etc. À chacun d’inventer son accueil !
Cette belle et riche journée s’est conclue par une messe présidée par notre évêque qui nous a encouragés dans son homélie à persévérer dans ce chemin d’hospitalité, d’ouverture à l’autre, dans cette rencontre du Christ à travers l’autre, dans cette œuvre de miséricorde. Le soutien de notre évêque est essentiel et fait chaud au cœur.
Bien sûr, le pique-nique partagé fut copieux et fraternel.

Pour conclure, cette phrase d’une des personnes présentes : C’est dans un monde qui se radicalise que nous sommes appelés à porter du fruit.

Diacre Claude Seguin
Coordinateur Welcome diocèse de Nice
claude.seguin06@orange.fr

2017-09-07T16:47:30+00:00
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