Pèlerinage en Terre Sainte

Dans le cadre de l’Année de la Miséricorde, du 5 au 15 avril, 28 prêtres du diocèse de Nice partaient en pèlerinage-retraite en Terre Sainte, accompagnant Mgr André Marceau, notre évêque. Lors de la première partie du pèlerinage, les prêtres sillonnaient la Galilée, tandis qu’ils se sont concentrés sur Jérusalem et la Judée dans la seconde partie. Au programme : rencontres avec le patriarche latin, des sœurs melchites, les dominicains de l’école biblique de Jérusalem… Le prédicateur de cette retraite fut le père François Bousquet, recteur de Saint Louis des Français à Rome. Compte-rendu par le père Guy Largillière. Photos : pères Largillière et Brison.

De la Galilée à Jérusalem, nous avons suivi le Christ, et nous l’avons imaginé : au bord du lac, enseignant les foules, interrogeant ses disciples, se retirant dans la montagne pour prier le Père, guérissant les malades, pardonnant aux pécheurs, commentant la Torah dans la synagogue de Capharnaüm, allant d’un pas décidé et entraînant les siens vers les lieux de l’accomplissement, au Temple, au Cénacle, à Gethsémani, au Golgotha, au tombeau vide, réchauffant enfin le cœur des premiers témoins dans la chambre haute et sur le chemin d’Emmaüs.

Nazareth, Césarée de Philippe, le mont des Béatitudes, Tabgha, le bord du lac et sa traversée sur la barque lorsque la houle se lève, les bords du Jourdain, le désert de Judée, Bethléem, Jérusalem la ville sainte, Emmaüs. Itinéraire spirituel plus que géographique dans l’épaisseur de l’histoire où nous touchons la présence du Ressuscité au travers des paysages, et sur les traces qu’évoquent les pierres et les constructions nombreuses de tant de lieux où des générations de croyants se sont succédées, construisant, reconstruisant siècles après siècles des lieux de mémoire.

C’est cette mémoire que nous avons parcouru sur les chemins de Palestine avec l’aide de notre prédicateur, mémoire vive sertie au cœur des Écritures, nous faisant réaliser à quel point le Christ marche aujourd’hui avec nous et réchauffe nos cœurs pour que nous puissions toujours goûter sa présence et l’offrir à ceux que nous rencontrons.

Nos vies de chrétiens et de prêtres, serviteurs de l’annonce du Royaume, se sont laissées habiter et accompagner, à l’image des disciples d’Emmaüs. Ce fut une démarche personnelle certes, mais aussi fraternelle et conviviale, prenant la mesure du presbyterium que nous formons ensemble pour le service du peuple de Dieu.

Ce pèlerinage fait de déplacements, de découvertes, d’écoute, de méditation et de prière, a réactivé en nous le désir de vivre et d’aimer l’Église comme un don de Dieu pour nos contemporains dont nous sommes les serviteurs.

Temps de respiration dans nos vies si occupées avec le risque d’oublier l’essentiel, temps de fraternité chrétienne et presbytérale, temps de repos physique et spirituel où nous portions les visages et les cœurs de celles et ceux que nous côtoyons chaque jour. Temps de rencontre aussi et de communion, avec une Église qui souffre et qui témoigne dans la personne de sa Béatitude Monseigneur Fouad Toual, patriarche latin de Jérusalem. L’icône de Marie, peinte sur le mur de séparation entre Bethléem et Jérusalem, près du couvent des sœurs Melkites de l’Emmanuel, nous invite à croire en l’amour plus fort que la haine, à reconnaître en tout homme un frère, à construire des ponts plutôt que des murs.

Nous revenons à nos charges pastorales avec cette certitude : la terre où nous vivons, cette belle terre du diocèse de Nice, elle aussi labourée par la foi depuis des siècles, c’est la terre où le Christ nous attend. Il nous faut redécouvrir qu’elle est aussi une terre sainte parce que le Vivant y marche à nos côtés et nous ouvre aux attentes
et aux soifs de nos contemporains.

Merci à Monseigneur André Marceau de nous avoir invité à vivre cette retraite avec lui, merci au père Thierry Dassé chargé de l’organisation du pèlerinage, merci au père Sylvain Brison qui nous a guidés et a si bien fait revivre pour nous ces lieux chargés de foi et d’histoire, merci au père François Bousquet, recteur de l’église Saint-Louis des Français à Rome, notre prédicateur qui a nourri notre réflexion et notre prière de manière si profonde, merci enfin à Monseigneur Jean Bonfils qui, comme un frère aîné, nous a accompagnés fraternellement sur les routes de la terre sainte.

Père Guy Largillière,

Curé de la paroisse saint Jérôme

2016-11-21T08:18:47+00:00
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