Saint Yves : avocat des pauvres

Le département des Alpes-Maritimes compte deux barreaux, un à Nice et un à Grasse, qui ne dérogent pas à la tradition de fêter la Saint-Yves, patron des professions de la justice et du droit le 19 mai.

Nice

Cette année, la fête de la Saint Yves sera célébrée jeudi 19 mai à 19h en l’église de la Miséricorde (cours Saléya) à Nice. La messe sera présidée par le vicaire général, avocat honoraire, père Jean-Louis Gazzaniga,
et animée musicalement par la chanteuse lyrique Deborah Bellevy notamment,
et Me Sylvain Pont à la guitare classique.

« Pour célébrer le 19 mai prochain le saint patron des avocats, comment ne pas faire le choix de l’église de la Miséricorde de Nic,e en cette année sainte et jubilaire où l’évêque de Rome rappelle à juste titre dans Misericordiae Vultus que la Justice (des hommes) a fait oublier qu’elle n’est qu’un premier pas, certes nécessaire et indispensable ? Sauf à nier l’humain dans toutes ses composantes, comment les gens de loi pourraient en effet faire l’impasse sur cette notion de Miséricorde, qui a plus que jamais vocation à inspirer, côté cœur, ceux et celles qui ont « faim et soif de Justice » ? C’est pourquoi, en termes d’exécution des peines et de réinsertion, j’organise chaque année sous l’égide du Barreau de Nice une collecte de livres pour la prison. En 2016, la parité y trouvera son compte puisque cette grande collecte sera affectée en particulier au quartier des femmes de la Maison
d’Arrêt de Nice »,
explique Me Sylvain Pont.

Grasse

La cathédrale de Grasse célébrera la fête de la Saint Yves jeudi 19 mai à 18h lors d’une messe chantée, présidée par Mgr André Marceau, évêque de Nice, et le père Cyril Geley, curé de Saint Honorat.

Cette fête a été relancée à Grasse voici quatre ans par Me Jonathan Turillo, protestant, qui était alors bâtonnier. Depuis l’an dernier, quelques magistrats s’associent également à l’initiative. « C’est un mouvement qui commence à prendre pied » explique Me Catherine Becret, ancienne bâtonnier de Grasse qui s’est occupée à ce titre de la manifestation ces deux dernières années, poursuivie par Me Jean-Marc Farneti, bâtonnier de l’Ordre des avocats du barreau de Grasse pour les années 2016 et 2017.

Yves Hélory, prêtre et juge en Bretagne (1253-1303)

Il était le fils d’un chevalier breton. Orphelin très jeune, il est élevé par sa mère. Puis il s’en vient à l’Université de Paris. Très doué, il y étudie les arts, c’est-à-dire les lettres, la théologie pour être prêtre, et le droit. Ayant parachevé ses études dans la prestigieuse faculté de droit d’Orléans, il revient au pays. On le nomme à la fois curé de
Trédrez, petite paroisse près de Saint Michel en Grèves, et official (juge ecclésiastique) à Tréguier. Sous l’influence de moines franciscains avec qui il a de longues discussions sur la perfection et la pauvreté, il se décide à partager ses ressources avec les pauvres. Juge, il assume ses fonctions dans un esprit de conciliation et de justice et, gratuitement, se fait le conseiller ou le défenseur des plaideurs démunis, gardant, sous les attaques parfois acerbes de ses collègues d’en face, une joyeuse égalité d’humeur. Fidèle à l’exemple des saints, saint Martin entre autres, à une vie de prière centrée sur l’Eucharistie et l’étude de l’Écriture Sainte, il s’adonne aussi à la prédication, souvent dans plusieurs paroisses le même jour, et à l’assistance spirituelle. Sa maison, le manoir de Minihy, devient un abri pour les pauvres. On l’appelle le prêtre saint. Après sa mort, il connaîtra un culte populaire très fervent, en Bretagne et bien au-delà (nominis.cef.fr).

Saint Yves est le saint patron de toutes les professions de justice et de droit, notamment celle des avocats. On le représente généralement avec une bourse dans une main, pour signifier tout l’argent qu’il a donné aux pauvres dans sa vie, et un parchemin dans l’autre, qui rappelle sa charge de juge ecclésiastique.

Mélanie Raynal

2016-05-18T11:38:36+00:00
36d6ed596736c433989068f32fb74c37++++++++++++++++