SOS Méditerranée

Depuis février 2016, SOS Méditerranée et son navire affrété l’Aquarius, a démultiplié sans discontinuer les opérations de sauvetage dans le Canal de Sicile, au large des eaux libyennes. Un axe maritime rouge où les tentatives de traversées entre la Libye et l’Italie se font les plus nombreuses, les plus dangereuses et les plus mortelles pour des populations qui fuient l’enfer libyen.

Cette hémorragie n’est pas prête de s’arrêter pendant la saison hivernale, comme le démontrent les 4 sauvetages de 496 rescapés réalisés par les équipes de SOS Méditerranée en 24h, un week-end de début décembre, et le décès de deux femmes par hypothermie.

Il y a donc urgence, d’autant que les sauveteurs de l’association et de Médecins Sans Frontières sont désormais seuls sur cette zone. L’Aquarius affrété par SOS Méditerranée est désormais, et pour tout l’hiver, le seul navire de sauvetage présent sur la zone de sauvetage au large des côtes libyennes. Il continuera à opérer avec les sauveteurs volontaires de l’association et le personnel médical de son partenaire Médecins Sans Frontières. Les autres bateaux humanitaires qui avaient rejoint la zone depuis le printemps sont tous rentrés au port pour assurer leur maintenance, par manque de moyens ou parce qu’ils ne sont pas adaptés pour réaliser des sauvetages l’hiver.

SOS Méditerranée, association civile de sauvetage dont c’est la seule et unique vocation, restera sur zone. L’association européenne a conçu son projet de manière à rendre sa mission pérenne quelle que soit la saison :

  • l’Aquarius est adapté à la navigation en haute mer, il a une bonne tenue en mer y compris l’hiver, les ponts peuvent être couverts pour abriter les réfugiés.
  • l’opération est construite pour être durable sur le plan financier : les coûts sont maîtrisés et un effort de collecte considérable auprès des citoyens européens, notamment en France, Allemagne et Italie, doit permettre de maintenir les opérations toute l’année et en continu.

Cependant, cet isolement va encore compliquer des opérations déjà critiques. SOS Méditerranée ne pourra plus compter sur aucune aide des autres navires humanitaires pendant les opérations de sauvetage, alors même que les conditions de traversée se sont dégradées ces dernières semaines, coûtant la vie à de très nombreuses victimes. Lorsque l’Aquarius ne sera plus sur zone, c’est-à-dire pendant le ravitaillement ou les retours au port avec les rescapés, plus aucun bateau ne sera disponible au sauvetage sur place, à l’exception des navires commerciaux ou militaires qui n’ont pas pour mandat le sauvetage.

SOS Méditerranée en chiffres

En mer depuis le 26 février 2016, SOS Méditerranée compte (en date du 5 décembre 2016) :

– 42 opérations de sauvetage auxquelles il faut ajouter plus de 20 transbordements
– 10 090 rescapés accueillis sur l’Aquarius, parmi lesquels :

  • 5 956 personnes en détresse sur des embarcations de fortune secourues par les équipes
  • 4 134 personnes accueillies à bord et ramenées en Italie, après transbordement depuis un autre navire. Il s’agit de sauvetages qui ne sont pas réalisés directement par SOS Méditerranée mais pris en charge pas les équipes pour les transferts, l’accueil et les soins à bord.

Les personnes recueillies sur l’Aquarius sont composées de :
– 82% d’hommes, 18% de femmes
– 26% sont des mineurs, une proportion qui a augmenté au cours de l’année. Parmi ces mineurs, 9 sur 10 sont non accompagnés, et donc particulièrement vulnérables.
– La grande majorité est en provenance d’Afrique subsaharienne :

  • Corne de l’Afrique : Érythrée (depuis cet été), Soudan, Éthiopie…
  • Afrique de l’Ouest : Nigéria, Gambie, Ghana, Mali, Côte d’Ivoire, Sénégal…
  • On compte également quelques migrants bangladais, syriens, tunisiens, libyens…

Journal de bord : Une nouvelle vie commence pour Favour, nouveau-né de l’Aquarius

Emeka Laska Favour, fils de Cynthia, Nigériane de 28 ans, est né à bord de l’Aquarius le 11 décembre dernier à 13h53 heure européenne, alors que le bateau naviguait dans les eaux internationales, en route vers la Sicile. La maman avait été secourue de nuit par l’équipe de sauvetage de SOS Méditerranée, la veille vers 20h. Elle se trouvait alors sur une petite barque en bois avec 36 autres personnes, dont 7 femmes et 8 mineurs voyageant seuls. Enceinte de 9 mois, Cynthia a immédiatement été prise en charge par l’équipe de Médecins Sans Frontières, partenaire médical à bord. Ses contractions ont commencé vers 4h du matin.

Samedi 10 et dimanche 11 décembre, les équipes de secours ont participé à 4 opérations de sauvetage en moins de 24 heures. La naissance a eu lieu peu de temps après la fin du dernier sauvetage d’un bateau pneumatique, le dimanche matin.

« C’était une très longue journée, nous avons eu quatre sauvetages et nous étions tous très fatigués, mais cette naissance a rendu tout le monde si heureux ! Ce bébé a apporté beaucoup de joie à bord », a dit la sage-femme de MSF, Marina Kojima. C’est le troisième bébé né en mer sur le bateau depuis le début de la mission, et c’est la troisième fois que le capitaine, Alex Moroz, a le plaisir de remettre le certificat de naissance et de féliciter la nouvelle mère.

Rappelons que cette mission a un coût

  • un jour en mer = 11 000 euros
  • un mois en mer = 330 000 euros
  • budget année pleine = 4M euros

Son mode de financement se répartit entre 99% de dons privés (3/4 du grand public, 1/4 du mécénat), 1% de subventions publiques. Aujourd’hui, SOS Méditerranée, association soutenue par le diocèse de Nice, lance un appel aux dons à tous les acteurs de la société civile pour lui permettre de poursuivre cette mission d’urgence de façon pérenne sur toute l’année 2017. Cette mobilisation citoyenne est essentielle aux sauveteurs pour faire face à cette situation inacceptable, pour poursuivre les sauvetages de celles et ceux qui n’ont pas d’autre alternative, pas d’autre choix que celui de tenter de survivre.

Pour soutenir SOS Méditerranée

+ En ligne : sosmediterranee.org
+ En envoyant un chèque à : SOS Méditerranée – BP 70062 – 13382 Marseille PDC.

Contact 06
Philippe Collet
Tél. 06 99 42 68 75
colletphilippe@wanadoo.fr

2017-09-07T15:42:18+00:00
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