Depuis mardi 17 mars, premier jour du confinement, la paroisse Saint Vincent de Lérins donne rendez-vous à midi sur sa page Facebook pour la célébration de la messe en direct, et à 11h le dimanche. Lundi 23 mars après-midi, nous avons joint son curé, le père Franklin Parmentier.

Père Franklin Parmentier, de quelle manière organisez-vous ce moment, depuis quel lieu ?
La messe est célébrée depuis la maison paroissiale des Saint Anges, à Cannes-la-Bocca. Lors de travaux de réaménagement, nous avons transformé une des salles de réunion en oratoire, une nécessité. La volonté était de renforcer la dimension chrétienne de cette maison. Pour l’anecdote, l’autel installé dans l’oratoire est l’ancien autel de l’église Sainte Germaine à Théoule-sur-Mer. Quand a commencé la semaine de confinement, je comptais dire la messe tous les jours avec le diacre Marc Tongalahy. L’idée s’est alors imposée de la diffuser sur Facebook pour garder le lien avec les personnes. Je n’avais jamais fait de direct, mais je savais que c’était possible. J’ai vu que d’autres confrères avaient tenté cette expérience, je me suis dit “lançons-nous”. Ce n’est pas très compliqué à mettre en place : à partir d’un smartphone, de la connexion wifi de la maison paroissiale, nous diffusons et enregistrons la messe en direct. Ainsi, elle peut être partagée sur le réseau social et être suivie en différé tout au long de la journée. Outre Marc et moi, la secrétaire et la comptable, qui continuent à travailler sur place, participent à la célébration dans l’oratoire.

Avez-vous idée du nombre de personnes que vous réunissez en moyenne chaque jour ?
Quand je célèbre la messe, 25 à 35 personnes se connectent tous les jours en direct. Mais il y a des personnes qui regardent la messe en différé. Certaines m’ont indiqué qu’elles faisaient autre chose à midi, et qu’elles réservaient un moment de la soirée pour regarder la messe en famille. Cela permet de développer ce qu’on appelle la communion spirituelle, de prendre un temps avec le Seigneur, d’écouter la parole de Dieu. Et de se dire que, même si je ne peux pas communier physiquement, il y a cette démarche de foi, de croire que Jésus est présent dans l’Eucharistie, qu’Il se donne à nous. C’est aussi l’occasion de vivre une action de grâce comme le propose l’Église, de remercier le Seigneur pour le don de sa parole et de ses sacrements.

Et vous rejoignez des fidèles au-delà de la paroisse Saint Vincent de Lérins.
Tout à fait, c’est un des côtés positifs des réseaux sociaux. Les amis qui fréquentent la page Facebook de la paroisse sont pour certains en Ardèche, pour d’autres en Avignon,… J’ai des membres de ma famille qui, depuis l’Auvergne, le Nord, suivent la messe. Donc oui, des personnes hors du diocèse expriment cette joie d’être en communion avec nous. C’est ce qui fait la richesse de l’Église. C’est peut-être là une grâce imprévue de ce Carême : nous sommes vraiment appelés à nous ressourcer, à vivre des choses qui nous font retourner à l’essentiel, et à prendre ce temps de demander quel temps je donne à ma prière.

Lors de chaque messe, de nombreux commentaires sont écrits, il y en a eu 118 pour la vidéo de dimanche, comme Ludo “on a pu tous vivre cette communion avec vous, c’est super chouette !!!”, Muriel “Merci pour cette messe, un rayon de soleil et de Joie dans notre jour”, Bernadette “Très bon son, merci, c’est mon moment préféré de la journée”, ou encore Michèle “Merci encore pour votre soutien dans cette période si difficile”. Comment vivez-vous ces messes avec une assemblée que vous savez présente, mais que vous ne voyez pas ? Qu’est-ce qui est difficile dans cette forme de célébration ? Qu’est-ce qui est source de joie ?
Pendant le direct, c’est difficile d’être de l’autre côté du miroir et de ne pas trop savoir comment ce que nous vivons se transmet et touche le cœur des gens. Ensuite, il y a beaucoup de joie car, dans les commentaires, on sent qu’il y a des moments essentiels : les lectures de la parole de Dieu, le geste de la paix du Christ, ça je me rends compte que ça touche les gens ; puis, beaucoup se connaissent, donc se saluent, se répondent mutuellement, ce qui est très beau. Parfois, le commentaire de la parole de Dieu peut les aider. Ainsi, il y a des grâces que le Seigneur donne, des grâces qui sont reçues, et c’est pour ça, je pense, qu’il est important de garder ce lien : parce que le Seigneur continue à travailler le cœur des gens, son Esprit est au milieu de nous.