Témoignages de participants

Découvrez ici quelques témoignages de participants : pèlerins, prêtres, malades, hospitaliers ou jeunes.

Père Laurent Isnard, vous êtes le prédicateur du pèlerinage. Qu’est ce que cela signifie ?
Cela signifie une grande responsabilité pour permettre aux pèlerins de repartir avec une parole, avec une mission ou un renouvellement de la foi. Le prédicateur est là pour aider les pèlerins à repartir avec quelque chose. Bien sûr, tout le monde va repartir avec un souvenir, un peu d’eau de Lourdes. Ce qui va nous faire vivre c’est le souvenir d’une Parole qui va nous toucher au plus profond du cœur.

Présentez-nous le thème de cette année.
Le sanctuaire de Lourdes a choisi cette année comme cheminement spirituel « Faites tout ce qu’il vous dira ». C’est ce que la Vierge dit aux servants dans les Noces de Cana. Explications : Marie constate qu’il n’y a pas assez de vin, un manque. Elle va chercher à résoudre ce manque. Dans noter vie, nous voyons aussi des manques mais pensons que ce n’est pas notre rôle de nous en préoccuper. Elle aurait pu avoir cette attitude. Mais non, elle essaye de voir comment elle peut aider. Elle voit que le manque ne pourra pas être comblé et qu’il pourra peut-être y avoir des répercussions pour l’avenir. La solution qu’elle trouve est que son fils faire quelque chose : tout donner. Il ne s’agit pas pour Marie de faire d’immenses discours. Jésus comprend mais n’a pas envie de faire le premier miracle à ce moment là. Il répond : « Femme, que me veux-tu ? Ce n’est pas encore mon heure ». À partir de cela, les gens risquent d’empêcher Jésus d’annoncer la Bonne Nouvelle en voulant chacun leur petit miracle. Des fois, c’est ce que l’on cherche en venant à Lourdes. Finalement, il fait ce que Marie a demandé. Il associe les servants à ce miracle. Finalement, la Vierge Marie est celle qui met en route les gens, son fils, les servants. Elle est celle qui aide sur le chemin à ce que les manques soient comblés. Dans nos vies, il y a des manques. Quand nous nous tournons vers la Vierge Marie pour lui demander son aide, elle nous renvoie vers le Seigneur, non pas sans nous consoler avant et sans nous aider, en nous disant : Faites tout ce qu’il vous dira. Elle nous amène à choisir le bon chemin : son fils.

Comment Marie vous a accompagné vous personnellement dans votre cheminement ?
De manière partagée. Quand j’ai rencontré le Christ, des gens ont voulu me faire aller à tout prix dans tous les lieux d’apparitions de la Vierge Marie. Du coup, je m’en suis un peu éloigné. Je trouvais qu’il y avait Jésus et que cela suffisait. Finalement, le Seigneur m’a amené à prendre dans ma vie la Sainte Vierge. C’est pour cela que je comprends quand il est sur la croix est qu’il s’adresse à Jean, il dit : « Fils, voici ta mère ». À sa ma mère, il dit : « Femme, voici ton fils ». Ces paroles nous sont données pour que nous prenions la Vierge Marie dans nos vies. Elle ne remplacera jamais Jésus mais elle accompagne vers la foi, vers une prise de conscience d’avoir de la douceur de Dieu dans notre vie.

Mireille Minghelli vous faites partie de l’équipe d’organisation du pèlerinage. Nous avons l’impression que vous êtes à Lourdes chez vous. Expliquez-nous ?
Je connais bien Lourdes. Je suis venue ici au début en tant qu’animatrice des jeunes d’aumônerie puis en tant qu’hospitalière. Cette année, je viens pour la  21e fois ! Je découvre à présent un autre visage de Lourdes, le côté organisation que je ne connaissais pas au paravent. Je me sens toujours autant dans mon élément, prendre soin des autres mais avec une dimension.

Comment s’annonce le pèlerinage 2018 ?
Le voyage s’est bien passé. La messe d’ouverture fut émouvante comme souvent les premières célébrations à Lourdes car nous sommes heureux de revenir, d’être avec les autres.

Alain Lefrang participe au pèlerinage dans l’équipe d’organisation, en tant que membre du service diocésain. Quelles sont les nouveautés de cette année ?
Cette année est organisé un repas commun partagé entre l’hospitalité et l’ensemble des pèlerins du diocèse de Nice, un évènement fédérateur. De même, est prévu un pèlerinage à Bartrès, un village à côté de Lourdes où Bernadette a passé une partie de son enfance chez sa nourrisse. Une visite qui peut marquer le cœur des pèlerins.

Plus personnellement, qu’est ce qui motive votre participation au pèlerinage ?
C’est une longue histoire marquée de rencontres importantes. Depuis maintenant 4 ans, je suis actif dans plusieurs missions et le pèlerinage est quelque chose qui nous conduit vers, sur un chemin. C’est important en terme d’union et unité, que la multitude soi une.

Nicolas et Cyril participent au pèlerinage avec la catéchèse spécialisée.
Nicolas : Je fais cela parce que j’aime bien. Je suis déjà venu avec mes parents et j’aime bien Lourdes.
Cyril : Je suis parti en vacances en Corse et suis revenu pour Lourdes. Mes parents m’ont inscrit pour participer à cette fête avec tous les autres. Je suis content d’être ici, c’est la deuxième fois.

Roger est hospitalier depuis 15 ans à Lourdes. Qu’est ce qui motive un tel engagement ?
Je ne sais pas. Je suis venu une première fois, puis c’est la 16e année que je reviens. Être au service des malades apporte énormément. On a l’impression de donner mais on reçoit beaucoup plus. Des sourires, de la tendresse, de l’amitié. Les malades nous regardent différemment et après le pèlerinage on est transformé, changé, plus pareil qu’avant. C’est ce qui est important.

Sur le rythme de votre année, cette semaine donnée à l’hospitalité est importante ?
Surtout cette année, car j’ai été opéré du cœur au mois d’octobre. Je n’étais pas sur d’être là et j’en suis ravi, de pouvoir officier et faire mon service. Si possible, je serai là aussi l’année prochaine.

Nicolas Reix est médecin généraliste dans les Alpes-Maritimes. Comment vit-on  le pèlerinage diocésain en tant que médecin ?
Le pèlerinage se passe très bien. Je suis avec une équipe d’infirmières géniales et aussi quelques confrères. Je viens à Lourdes depuis maintenant 8 ans et progressivement j’ai pris des responsabilités. Pour moi, c’est aussi une façon de reprendre ma vocation de médecin dans le bon sens. La richesse à Lourdes pour les médecins est d’avoir un bureau médical, avec son histoire, et une fraternité médicale très forte. Je me sens hospitalier avant tout. Chaque année j’ai besoin de ce moment. Il me redonne de l’énergie, moralement et spirituellement pour vivre le reste de l’année.

Quelle est votre mission sur place ?
Je réponds aux sollicitions des malades. Cette année, quelques soucis sont là mais rien de grave. Je réponds aussi aux soucis de santé des hospitaliers et de tous les pèlerins. Au fil des années, je me suis concentré sur cette mission tout en bénéficiant des cérémonies qui apportent des grâces.

Comment trouvez la force de continuer cette mission parfois très émouvante ?
La grâce vient du Seigneur. Ici, on est un peu à l’école en fait. Que l’on soit médecin ou autre, on a toujours besoin d’être avec Marie. J’avoue que le sacrement des malades me touche aussi beaucoup. Je suis heureux que mes enfants soient là cette année avec l’aumônerie pour vivre ces temps. Je les aiguille vers l’hospitalité.

Les jeunes de l’aumônerie ont animé un soir le temps de prière avec les malades.

Aline, 55 ans participe au pèlerinage en tant que malade.
C’est merveilleux de voir le partage avec les jeunes. J’ai moi-même un adolescent qui fait de l’aumônerie et je suis ravie de voir que d’autres prennent la relève. Le pèlerinage permet de vivre des moments forts comme celui-ci, avec tous les pèlerins et les hospitaliers. C’est quelque chose de merveilleux.

Paroles de jeunes
– Je suis à Lourdes par ce que cela me plaît d’aider les malades.
– Ici, nous sommes généreux les uns envers les autres. On forme une grande famille.
– La prière avec les malades permet de prendre un temps différents.
– On les accompagne aux offices mais aussi dans les autres moments.
– Je viens pour la première fois et suis émerveillée de voir l’attention donnée aux malades.
– Tout le monde s’entraide et partage, nous sommes remplis d’amour. Lourdes, il faut venir le vivre pour savoir ce que cela fait dans notre cœur.

Suzanne Spagnou est responsable d’aumônerie des collèges de l’enseignement public sur Nice Centre. Cela fait 21 ans qu’elle vient à Lourdes chaque année avec des jeunes. Cette année, il y a une saveur particulière.
Cette année, j’arrête ma mission d’Église puisque je prends ma retraite. Je vais passer un autre cap et démarrer autre chose dans la continuité. C’est à la fois agréable et difficile car je suis dans une mission que j’aime énormément, je suis très heureuse, ce n’est pas évident de quitter quelque chose que l’on aime.

Vous venez régulièrement à Lourdes. Qu’est ce que cette expérience apporte aux jeunes ?
De vivre toutes ces rencontres. D’abord avec Marie, puisque c’est elle nous appelle. Le faire découvrir qu’ils sont appelés et qu’ils y répondent par des biais divers. La foi de l’Église est dans la diversité. Les jeunes découvrent aussi Bernadette à laquelle ils peuvent s’identifier par rapport à leur âge. Elle leur donne confiance. Bernadette a osé parler, témoigner et rencontrer. Il faut qu’ils osent être eux-mêmes. Lourdes, c’est servir et prier. Deux actions importantes qui motivent les jeunes à participer. Ils reviennent d’année en année et une véritable rencontre se passe avec les malades et les personnes âgées.

Qu’est-ce que Lourdes vous apporte à vous ?
La rencontre avec Marie m’a beaucoup soutenue dans ma vie, m’a aidé à devenir la femme que je suis aujourd’hui, dans ma vie personnelle avec mes enfants et petits-enfants. C’est aussi de vivre avec une belle famille. Il y a vraiement des gens extraordinaires, qui se dévouent, au quotidien pour les autres. Beaucoup d’hospitaliers sont devenus des amis, mon mari est hospitalier ce qui est très riche dans notre vie de couple.

Est-il possible de tirer un bilan sur votre mission ?
Beaucoup de joie, de découverte des jeunes. Ils m’ont beaucoup enrichi. J’ai certainement reçu beaucoup plus que je n’ai donné. Parler avec les jeunes des évangiles, leur faire découvre ce message toujours actuel est quelque chose d’extraordinaire. Le message du Christ passe par le cœur, dans notre vie, cela ne reste pas quelque chose d’intellectuel. Il faut le vivre. C’est ce à quoi j’essaie de m’employer.

Quels sont vos projets pour le futur ?
Dans un premier temps je vais m’occuper de mes petits-enfants puis faire des projets pour moi. J’ai envie de mettre à la peinture et aux activités manuelles. Bien sûr, continuer aussi dans la vie de l’Église. Je ne peux pas penser une vie sans être engagée dans l’Église.

Raphaël Bergeon est responsable de l’aumônerie des lycées de Nice Centre. Vous êtes à Lourdes pour le pèlerinage diocésain avec des jeunes. Qu’est ce que vous leur faites vivre ?
Nous sommes ici avec eux pour leur montrer le message de Lourdes et qu’il découvre la figure de Bernadette, la liberté et l’audace qu’elle a eues. Le message est : osez découvrir, laissez-vous faire et mettez-vous au service pour mieux recevoir. Les jeunes ont des temps forts comme tous les pèlerins qui passent à Lourdes. Le passage aux piscines fut particulièrement fort. Ils en ressortent très différents. On les sent apaisés.

Personnellement, que vous apporte cette expérience ?
Lourdes est un lieu qui m’a marqué quand j’étais jeune, qui m’a énormément édifié. C’est important de donner aux jeunes la possibilité de découvrir cela, un lieu remplit d’une grande ferveur.

Mélanie Raynal, journaliste pour le diocèse de Nice

Partir à Lourdes en pèlerinage diocésain, c’est venir à la rencontre de Marie. Oui. Mais c’est aussi apprendre à connaître ceux avec qui nous partageons cette expérience, se laisser bousculer par des situations inhabituelles, aider, découvrir, partager et se laisser porter.

Autant de verbes forts qu’il faut venir expérimenter pour comprendre. Une communion de prière de 20 000 personnes dans la basilique souterraine, une esplanade remplie de tous les pèlerins pour la procession aux flambeaux dans un silence monacal, la pente abrupte du chemin de croix, les files d’attentes aux cabines de confession… Et, ce qui m’a personnellement le plus remué, la célébration du sacrement de l’onction des malades. Une expérience bouleversante tellement elle laisse entrevoir l’humanité de chacun et l’amour donné gratuitement les uns aux autres, pour en sortir fortifier et avancer avec confiance.

Tout un monde qui s’agite, va et vient, bouillonne, sur une petite zone délimitée, celle où Marie est apparue 18 fois il y a 160 ans à la petite bergère Bernadette Soubirous.

Ce qui contribuent à cette alchimie, ce sont bien la personnalité et l’histoire de chacun, dans le respect des différences. Plusieurs jours d’affilés permettre d’aller à la rencontre, de lier connaissance, de se soucier des autres, en vérité. Un pèlerinage permet de marcher ensemble, trouver le pas de l’autre, pour faire Église et donner un visage à un lieu. Une halte constructive pour reprendre le chemin nous a dit Mgr Marceau.

Le retour à la réalité est surprenant après une parenthèse telle que Lourdes. J’avoue que je partais à ma demande mais ne sachant pas trop ce que j’allais découvrir. Une fois sur place, je me suis posée de nombreuses questions avant que des signes s’imposent littéralement à moi…

Mon métier me demande d’être à l’écoute des autres, attentive à ce qu’ils pensent sans forcement le dire. Pendant cette semaine, il suffisait d’être présent pour voir les gens s’ouvrir, donner et recevoir. Ce fut pour moi une expérience enrichissante et je dirais même lumineuse.

Finalement, je me rends compte qu’on ne peut pas raconter Lourdes. Il faut venir le VIVRE !

2018-07-20T09:34:33+00:00
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