Trois nouveaux tableaux dans la cathédrale Sainte Réparate

Après deux ans de conception et réalisation, trois tableaux d’Hugo Bogo, artiste niçois, ont été installés dans la cathédrale Sainte Réparate et inaugurés par Mgr André Marceau, samedi 11 mai. Un travail moderne qui s’insère dans un joyau baroque, avec comme fil conducteur Marie-Madeleine. Un projet inédit.

Mgr André Marceau, évêque de Nice, a confié en 2017 l’animation spirituelle d’une chapelle de la cathédrale Sainte-Réparate aux chevaliers de l’Ordre Équestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem dont la vocation est de prier et de soutenir les chrétiens de Terre sainte. La chapelle Saint-Barthélemy Saint-Alexandre devient signe de la communion des Églises et un lieu dédié pour ceux qui veulent prier pour les chrétiens de Terre sainte.
Cette chapelle brula en décembre 1986 à la suite d’un incendie accidentel. Elle fut l’objet d’une réhabilitation par l’État au milieu des années 90 sans remplacement des toiles. Après la restauration complète de la cathédrale achevée il y a deux ans, il est apparu opportun de créer trois nouveaux tableaux originaux pour orner la chapelle, trente ans après sa destruction.

Une commission s’est alors créée pour conduire le projet, composée des membres de l’équipe de la cathédrale dont le père Michel Angella, recteur, du délégué diocésain à l’Art sacré, Gilles Bouis, du père Sylvain Brison, chef de projet et prieur des chevaliers, et de membres de l’Ordre du Saint-Sépulcre de Jérusalem.
Deux éléments ont conduit à fixer le programme iconographique. La chapelle étant dédiée aux chrétiens de Terre sainte, les œuvres devaient représenter Jérusalem et le tombeau du Christ. De plus, la majorité des tableaux de la cathédrale évoquent la passion du Christ ou la mort des saints et des martyrs, laissant peu de place aux représentations de la Résurrection. Il a donc été décidé de concevoir un triptyque autour de l’apparition du ressuscité à Marie-Madeleine, évoquée dans l’évangile selon saint Jean au chapitre 20.
Le coût total de l’opération s’élève à 18 000 euros. Une souscription fut lancée et la générosité des donateurs, dont les chevaliers de l’Ordre Équestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem, permit de récolter presque 24 000 euros. L’excédent sera reversé sous forme de don pour les chrétiens de Terre Sainte.

Hugo Bogo, rencontré à l’occasion du Festival de la BD chrétienne organisée à Nice en mai 2013, est choisi pour la réalisation de ces toiles. Ce jeune artiste niçois de 30 ans travaille avec les outils modernes, sur tablette numérique, avant la réalisation classique des tableaux en peinture à l’huile sur des toiles de grand format.
L’artiste avoue avoir été « intimidé de s’attaquer à un sujet d’ampleur dans un cadre aussi exceptionnel que celui de la cathédrale ». Il fut aidé dans la réalisation finale par son professeur. « C’est une étape très importante pour moi. J’ai toujours voulu faire de la peinture. J’ai longtemps hésité avant de me lancer. La peinture est pour moi un rêve et une vocation. Ce fut une grande concrétisation pour moi et j’espère continuer dans cette voie. »

Les trois œuvres représentent à gauche Jésus déposé au sépulcre par Joseph d’Arimathie et Nicodème, Marie-Madeleine pleurant à ses pieds. Au centre, l’apparition du Christ à Marie-Madeleine devant le tombeau vide, au milieu du jardin, à côté de l’arbre de Vie. À droite, Marie-Madeleine courant vers Jérusalem pour annoncer aux disciples que Jésus est vivant, révélant ainsi son titre d’apôtre de la résurrection.

Les œuvres, achevées en décembre dernier, viennent donc d’être installées dans cette chapelle et inaugurées par l’évêque de Nice samedi 11 mai, en présence d’une délégation des membres de l’Ordre, des donateurs et amis de la cathédrale et avec des symboles forts ramenés de Terre sante : de l’eau du Jourdain, de l’encens et des cierges du saint sépulcre. Dorénavant, grâce au don du père Gauthier Mornas, du diocèse de Périgueux et Sarlat, une relique de la Croix de Jésus est installée dans la chapelle.

Une exposition, dans la chapelle baptismale de la cathédrale, retrace le travail de recherches, d’esquisses, jusqu’à la finalisation des tableaux. Un « making off » qui sera à nouveau exposé en septembre prochain, à l’occasion d’un événement majeur : le rassemblement d’environ 300 chevaliers de l’Ordre Équestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem attendus de toute la France, avec l’adoubement de 30 nouveaux chevaliers.

Mélanie Raynal

L’artiste : Hugo Bogo

Diplômé des Beaux-arts d’Angoulême, Hugo Bogo est peintre et dessinateur, né à Nice en 1989. Il signe avec Le Curé du Diable (2013) sa première bande dessinée d’auteur chez Casterman, et participe aux décors des films d’animation, dont Le Chat du Rabbin, ainsi qu’à des productions pour l’opéra (costumes et décors). Il illustre en 2016 La dame de pique de Pouchkine aux éditions Sarbacane. Son goût se porte vers le dessin classique en utilisant toutes sortes de techniques, des plus traditionnelles aux plus modernes, et notamment l’outil informatique. Ses illustrations empruntent beaucoup à la peinture, art qu’il affectionne plus que tout et où il admire les plus grands de Velásquez à David. Son style se rapproche de l’école néoclassique et de l’impressionnisme.

L’Ordre Équestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem

Chaque année, l’ensemble de l’Ordre envoie environ 12 millions d’euros en Terre sainte, dont 10% proviennent de France. Trois secteurs font l’objet d’une attention et d’un soutien particuliers de la part de la branche française :

  • l’éducation, avec le soutien aux écoles gérées par le Patriarcat latin ou les congrégations religieuses ;

  • la francophonie et le maintien des liens avec la France, au travers du soutien à l’enseignement du français ;

  • la santé et le social, avec le financement de nombreuses institutions médicales et médico-sociales.

Les institutions éducatives et sociales de Terre sainte sont ouvertes à tous, quelle que soit la religion ou la nationalité.
La délégation locale de l’Ordre, appelée « commanderie », est composée de 9 chevaliers et se réunit régulièrement (au moins une fois par mois) à la cathédrale Sainte-Réparate. En plus des dons ordinaires aux œuvres de l’Ordre, la commanderie niçoise parraine la scolarité d’un jeune chrétien à l’école de Naplouse en Cisjordanie.

Responsable de la commanderie : Gérard Colas
Tél. 06 64 90 86 36.

2019-05-13T11:38:12+02:00
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