Quelle diversité réunie au sanctuaire Notre-Dame de Laghet ce dimanche 27 septembre ! À l’occasion de la 106e Journée mondiale du migrant et du réfugié, la pastorale des migrants du diocèse de Nice avait invité les communautés catholiques de migrants des Alpes-Maritimes à se rassembler. Cent-trente personnes y ont pris part le matin, rejointes par d’autres l’après-midi. Avec comme fil conducteur le déplacement, physique et intérieur.

Des couleurs, des chants, un évangéliaire recueillant une même Parole en langues différentes: la journée a commencé par un pèlerinage, une mise en route autour de la Parole de Dieu, un chemin marqué par des étapes en compagnie des communautés philippine, sénégalaise, malgache, capverdienne et vietnamienne. Comme l’a souligné Philippe Collet, délégué diocésain à la pastorale des migrants, citant le pape François : «les migrants sont des pèlerins d’espérance.»

Après un enseignement du père Cyril Geley, vicaire général représentant l’évêque, après un échange en groupes sur le thème de la journée «Contraints de fuir comme Jésus-Christ», le déjeuner a permis de partager des spécialités culinaires. Parmi les moments empreints de gravité, d’émotion, entre souvenirs heureux et douloureux, il y a eu en début d’après-midi les témoignages de trois personnes contraintes un jour de fuir leur pays : Jacques, Vietnamien, Samrawit, Érythréenne, et Misoun, Syrienne, musulmane.

Un temps libre a ensuite été donné pour que chacun continue le pèlerinage à sa manière, entre sacrement de réconciliation, chapelet, adoration du Saint-Sacrement. Tout le monde s’est retrouvé pour la célébration eucharistique. Dans son homélie, le père Cyril Geley a dit que le thème de la journée «nous montre que Jésus s’est identifié à cette humanité réfugiée, migrante, et nous invite à regarder ces frères et ces sœurs qui viennent vers nous, non pas comme des personnes qui viendraient déstabiliser notre vie quotidienne, mais comme des frères et des sœurs à aimer, à accueillir. C’est bien là quelque chose qui est difficile parfois à entendre et à accepter. Mais pourtant, c’est bien le sens profond de la Parole de Dieu (…) Frères et sœurs, l’unité de l’Église se vit d’abord dans l’accueil mutuel, l’accueil des différences, l’accueil de ce que chacun d’entre nous est. L’unité se vit quand nous reconnaissons dans celui qui est à côté de nous, en face de nous, non pas un autre, mais la manifestation de celui qui nous est donné par le Seigneur pour être aimé, pour être donné comme frère ou sœur sur notre chemin d’humanité, sur notre chemin de foi.»

Symbole du chemin parcouru, de la migration, chaque communauté de migrants du diocèse est repartie, à la fin de la messe, avec un bâton de marche remis par le vicaire général. Des bâtons porteurs de messages, de mots choisis, fruits du partage: «Accueil», «Unité», «Rencontre», «Amour», «Écoute»…

Denis Jaubert